Vignoble de Châteaumeillant

Probablement l’étape la plus courte de notre Tour de France puisqu’elle ne doit faire que 4 km. Enfin normalement parce qu’ici les paysans cultivent aussi les chemins. Je suis attendu chez mon cousin Gaetan. Rapidement en entrant dans Châteaumeillant nous sommes photographiés par les passants. Plus loin une riveraine me prend pour un sdf et me donne 10€. Merci madame…


Ça me fait plaisir de revoir la famille, et comme j’arrive tôt, Bérengère me propose à déjeuner en attendant que le cousin rentre du boulot. Les enfants ont grandis, je les reconnais à peine. À son arrivée, Gaëtan me fait visiter ses volières et les travaux faits avec tonton. Super boulot ! Un petit tour pour faire quelques courses, on dîne. Le temps passe trop vite.
Je dois repartir, même si j’aurais bien fait une pause ici.
La traversée de Châteaumeillant se déroule facilement. Je m’arrête à la boulangerie où je suis gentillement servi sur le pas de la porte (il n’y a pas de quoi attacher Honoré). C’est l’heure de la récréation à l’école maternelle. Je m’arrête  expliquer mon voyage mais la maîtresse n’accroche pas. Peut-être hésitante car seule avec les enfants. Je poursuis mon chemin.
Je trouve à Champillet de quoi passer la nuit. Un espace pour moi et un grand pré pour Honoré. C’est un particulier qui vient d’acheter l’endroit qui dispose d’un gîte et qui m’accueil gentillement.


Petit point sur les déchets :
On garde toujours le rythme d’environ 20 litres de déchets collectés par jour. Plus les bouteilles plastiques… 20 L également.

Après la pause

Le départ de chez Corinne a été difficile. Ce chemin m’apporte beaucoup d’émotions. Mais il est temps de repartir. Le chemin est joli en sous-bois, mais parfois il faut jouer les sangliers pour se frayer un chemin. Là météo est menaçante, je cherche une ferme au cas où les orages annoncés soient trop violents afin de pouvoir mettre Honoré à l’abri. Je regarde sur la carte, repère quelques fermes et commence ma recherche. Finalement je trouve ce que je cherchais. Personne. J’entre dans la cour, me place devant une fenêtre ouverte et lance un timide « bonjour, il y a quelqu’un ? » Puis un autre avant d’apercevoir une tête. Je demande s’il peut me proposer un lieu pour bivouaquer. Là réponse fût rude « ha oui mais vous m’avez sorti de ma sieste ». Ha. C’est pas gagné. Après trois secondes, « non mais je plaisante, il faudra vous y habituer ». Je viens de rencontrer Bruno, agriculteur à Augy, et sa fille Noémie. Il me laisse débâter Honoré et m’installer puis m’offre un café. Finalement le bougre est très gentil et nous échangeons beaucoup sur l’agriculture. Sa fille et lui s’absentent quand l’orage arrive. Je suis à l’abri, mais sous la tente c’est quand même impressionnant. Quelques grêlons, mais Honoré ne veut pas du auvent de la grange. Tant pi.

Le lendemain la pluie ne s’arrête pas mais je dois avancer et plier mouillé après un dernier café chez Bruno. Je me dis qu’en m’arrêtant plus tôt ça aura le temps de sécher. En arrivant sur Pouzy, une voiture s’arrête sur l’accotement pour ne pas effrayer Honoré, la route est étroite. Sûrement une cavalière. La conversation s’engage. « Bonjour est-ce que vous connaissez un coin ou je peux bivouaquer ? » La dame réfléchi, appelle son voisin agriculteur. « Arf pas de réseau, c’est un signe, venez chez moi » m’annonce Silvia avec un léger accent Allemand. Elle fait demi-tour et m’attend devant sa jolie maison. Rapidement tout le quartier vient voir qui est ce vagabond qui s’installe chez Silvia avec son âne. Certains me reconnaissent d’après l’article de La Montagne. Son amie Bénédicte vient ensuite partager un café avec nous et l’après-midi passe à toute vitesse. La tente a séchée, mais pas les chaussures malgré les journaux. Je crois qu’elles sont foutue… Honoré est à l’aise et Silvia m’invite à dîner. Encore un beau moment offert par le chemin. Merci.

Le lever de soleil est magnifique dans le saule avec la brume matinale. Mais il y a un peu de bitume avant de rejoindre Pouzy-Mésangy où je dois retrouver ma fille, Claire. Elle m’attend avec les croissant, ça fait du bien. Une jolie surprise du chemin, encore. Merci ma fille. Le chemin continue dans les herbes hautes et humides avec les chaussures trempées. J’ai mal aux pieds. Impossible de trouver un bivouac à Couleuvre. Le camping ne propose qu’un automate qui me demande le type de véhicule. Il n’y a pas l’option âne. Je repars après avoir déchargé les nombreux déchets dans les bennes de collecte proches. Dépité je poursuis mon chemin qui me renvoi un signe positif. Au carrefour un camion me klaxon. C’est Annelou, du centre équestre de Souvigny qui revient de compétition avec son père. Ils se sont trompés de route à Saint Amand et croisent à nouveau mon chemin. Une lueur d’espoir, je poursuis. Après avoir un peu tourné, je fini par être accueilli chez un jeune qui retape une maison pour son locataire éducateur canin. Je suis épuisé. L’accueil est chaleureux mais je décline l’invitation au kebab, trop fatigué.

Le trajet

C’est la question la plus courante, par où allez-vous passer ?

Mais aussi est-ce que vous viendrez chez nous ? Combien de kilomètres par jour allez-vous faire ? Vous allez mettre combien de temps ?…

Voici quelques réponses. Nous allons commencer par remonter en forêt de Tronçais. Puis rattraper le chemin de Compostelle direction Limoges, puis Angoulême, La Rochelle. Ensuite nous remonterons vers Nantes puis la Bretagne et la forêt de Brocéliande, le Mont-Saint-Michel, puis le chemin des Miquelots à contresens jusqu’aux environs de Rouen. Ensuite nous traverserons la Picardie, la Champagne, la Lorraine pour aller voir Strasbourg. Suivant la saison, nous redescendrons par les Vosges direction la Bourgogne, avant Lyon nous traverserons la vallée du Rhône sur les routes du Beaujolais, Chambéry puis retour sur le chemin de Compostelle jusqu’au Puy-en-Velay. Là nous rattraperons le célèbre chemin de Stevenson, puis direction la Méditerranée où nous retrouverons la voie d’Arles jusqu’à Toulouse. Il sera temps de remonter par Cahors, Périgueux pour enfin bifurquer à l’est et rejoindre le Limousin puis le Massif central.

Ceci n’est qu’une hypothèse, car il est fort probable que nous serons détournés soit par des opportunités, soit par des obligations de soins ou encore la météo.

Pour les kilomètres quotidiens, aucun objectif n’est fixé. Tout dépendra des dénivelés, de l’état de fatigue et aussi de la météo (canicule, pluie, froid, vent…) Du coup, impossible d’affirmer combien de kilomètres seront effectués et en combien de temps. Cependant, je peux estimer notre parcours à plus de 5.400 kilomètres en un peu plus d’un an, sans pause hivernale (mais il y en aura probablement une).