Découvrez « Allô la planète »

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Et écoutez l’émission de mercredi 12 janvier à 21h avec Stéphane Blaise qui anime cette émission. Il a fait le tour de France avec son âne Marius durant 3 ans. Avec l’application il est possible d’écouter tous les podcasts les émissions précédentes. Merci de nous suivre.

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Nouvel an

Bonne et heureuse année à vous tous. Merci encore à tous ceux qui nous suivent et qui m’ont souhaité leurs vœux. Je ne sais pas si j’ai répondu à tout le monde, je ne suis pas certain d’avoir vu toutes les notifications, le réseau n’est pas super ici.
Merci aussi à tous ceux qui ont participé à la cagnotte https://www.leetchi.com/c/tdfane ça m’a permis d’acheter de nouvelles chaussures pour mettre sous le sapin, les autres ont terminé leur usage. La route reprend demain, chaussé à neuf donc, après une halte chez Gaëlle et Sylvain à la ferme du refuge dans le Calvados. Les premiers jours ont été partagés avec Réjeanne qui faisait du woofing aussi, elle a ensuite été remplacé par Thaïs, une jeune brésilienne de 29 ans, prof de SVT dans son pays, venue en France pour passer un master dans le tourisme pour changer de vie professionnelle. De beaux échanges internationaux et culturels.
Honoré a passé le séjour avec deux ânesses avec lesquelles il semble s’être entendu. La route reprend, je pense avoir fait le premier tiers du voyage. Trois articles de presse ont signalé notre passage dans le coin. Merci à Maryse, Linda et Alain pour leur rédaction très juste.

Noël

Je passe les fêtes de Noël à faire du woofing en maraîchage. Je suis chez Gaëlle et Sylvain à la ferme du refuge. Refuge parce que Sylvain est passionné d’ornithologie et a construit de nombreux gîtes pour accueillir des oiseaux. Et c’est aussi un refuge pour Honoré et moi pour les fêtes de fin d’année. Je me voyais mal toquer aux portes le soir de Noël ou du nouvel an à chercher un bivouac avec assez d’herbe pour mon compagnon aux grandes oreilles. Mais je ferais certainement un article consacré à cette semaine.
En ce soir de réveillon, je craignais que ça ne soit compliqué, mais au contraire, je repense à toutes ces personnes croisées depuis notre départ et toute la bienveillance que j’ai reçu. Et ce soir j’ouvre une carte que m’a offert Isabelle et Madani. Isabelle m’a fait promettre de ne pas l’ouvrir avant Noël et ce soir je pense qu’il est temps. Je repense à cette soirée chez eux, je me souviens avoir été reçu comme un ami, de partager la tarte au pomme du père d’Isabelle, prendre une douche chaude, être invité au repas familial le soir… Je pensais que cette soirée était un cadeau pour moi, réconfortant et placé sur mon chemin pour faciliter ma mission. Et en lisant la carte d’Isabelle, je me rend compte que c’était un partage. J’ai moi aussi apporté ma part de bonheur ce jour là, sans même m’en rendre compte. Cette journée était particulière pour Isabelle et son papa. Ce soir son message me touche profondément et me fait comprendre que ma mission ne s’arrête pas au ramassage des déchets. Ma mission est aussi de mettre en avant la bienveillance que j’ai reçu de chacun d’entre vous.
J’ai appris qu’on reçoit du bonheur et de la bienveillance quand on va en donner. L’univers nous offre la récolte du bien qu’on a semé. C’est un échange, un équilibre… Ça me rappelle une vidéo d’Irène Grosjean https://fb.watch/a6_6iNF9Rz/ (regardez au moins les deux premières minutes). Bonnes fêtes de fin d’année à vous tous.
Prenez soin de vous.

Normandie

Voilà, ce matin il a fallu partir de mon lieu de woofing. La gorge serrée, je dis au revoir du bout des dents. Heureusement les brebis doivent passer les échographies ce matin, tout le monde est prêt, ça abrège le départ. C’est toujours difficile de partir, d’autant plus que ça faisait deux semaines que j’étais là et que je me sentais comme dans la famille. Mais ce matin je quitte la Bretagne en regardant le Mont-Saint-Michel et j’entre en Normandie avec le même phare qui oriente ma journée. Le Mont-Saint-Michel est partout, tu tournes la tête, tu le vois, quelques instants plus tard il est encore là mais sous un autre angle, une autre lumière, il est toujours aussi majestueux et il va lui aussi être difficile à quitter. J’avance au plus près ce midi pour pique-niquer. Puis je reprends le même chemin pour aller chercher un bivouac. Si la matinée a été parcourue sur les chemins comme la voie verte, cet après-midi il y a plus le route mais le décor est toujours agréable. J’avais prévu de ne pas dépasser une quinzaine de kilomètres pour cette journée de reprise, finalement j’en ai fait 25. J’avais trouvé un bivouac sur une aire de pique-nique avec toilettes publiques et donc eau potable, quand un automobiliste m’accoste pour me proposer un terrain en face chez lui. Ça fait 2 km de plus mais je me dis que si au bout de ce détour j’ai une douche, de l’herbe pour Honoré et pourquoi pas un repas chaud, ça vaut le coup. Il y a bien de l’herbe pour Honoré, il y a bien de l’eau mais pour me laver, il faudra que je me fasse chauffer l’eau avec ma popote (oui l’été ça allait mais l’eau froide en hiver, ça ne le fait pas). Bon, tant pis pour le détour, on ne gagne pas à chaque fois.
Ce matin il a gelé un petit peu, la surface de l’eau d’Honoré est gelée, comme l’herbe. Le vent n’est pas très fort mais constant et frais. Je ne quitterais pas les gants de la journée. Le Mont-Saint-Michel est toujours omniprésent, la mer et les herbus aussi. Beaucoup de moutons pâturent et illustrent un paysage de carte postale avec le Mont en arrière plan. Puis on passe devant un ossuaire Allemand. On traverse Pontaubault et un pont du XVème siècle, emprunté par le Général Patton pour libérer la Bretagne des Allemands. Ça y est, on est en Normandie, l’histoire de la seconde guerre est bien présente dans cette région. Je n’ose pas dire que je viens de Saint-Pourçain, tout près de Vichy… L’après-midi est bien engagée et mes pieds me rappellent qu’il serait bien de s’arrêter. Je sonne à une maison, la dame sort et allait presque me proposer un bout de pelouse, mais le mari sort en m’envoyant au camping. Ben non monsieur, les campings sont fermés en décembre et puis l’idée c’est aussi de rencontrer des gens sympas, bon ce n’est pas toujours le cas semble-t-il. Enfin, il a quand-même appelé le camping pour vérifier, mais c’est le  répondeur. Tu m’étonnes ! Passez de bonnes fêtes. Je continue, les portes sont closes, les gens travaillent et les vieux méfiants. Finalement un riverain m’envoi chez le paysan du coin, sa femme me donne de l’eau et me propose un pré où il y avait des moutons. Ça ira bien pour aujourd’hui. Le vent se lève, quelques rafales à 60 km/h, on a vu pire.

Élucubrations

Ça fait maintenant cinq mois qu’Honoré et moi marchons, 2.036 kilomètres ont été parcourus et je ne sais pas combien il en reste à faire… ni combien de temps il nous faudra pour les avaler… peu importe. Le chemin m’a appris beaucoup de choses, m’obligeant parfois a me remettre en question, et je sais que ce n’est pas fini.
J’ai fais de nombreuses belles rencontres, de belles surprises, des gens généreux, bienveillants, qui redonnent foi en l’humanité et c’est réconfortant. C’est même devenu essentiel à la marche. Si des événements de la vie m’ont conduit à prendre la route, enfin le chemin, ce n’est sans doute pas un hasard. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir faire ce tour de France, même si ce n’est pas tous les jours facile.
Parce que non, je ne me promène pas, j’ai une mission, pas simplement de ramasser les déchets (pour être efficace il me faudrait plusieurs ânes 😀) mais aussi et surtout de laisser une trace, un message, qu’il soit pédagogique, écologique ou politique, à chacun de le recevoir comme il l’entend. Je sais que le message passe grâce  à certains commentaires que je reçois et je remercie vivement tous ceux qui prennent le temps de me les envoyer.
Mais la route est encore longue, et c’est tant mieux ! Chaque jours que nous marchons, le rythme varie suivant la topographie des paysages, mais la mélodie des pas de l’âne est toujours la même, ponctuée de mes propres pas et du bâton de marche. Quelques instruments viennent enrichir la partition de notre marche ; le chant des oiseaux, différents le matin ou le soir, encore différents suivant les régions ou les zones que nous traversons. Parfois des effets sonores agrémentent nos pas ; la résonance des racines de résineux dans un sol sableux imitent la générosité des sons de la basse, les sols plus durs rappellent des percussions africaines, les clapotis de l’eau  offrent encore une autre sonorité ou encore les feuilles de l’automne suggèrent parfois la caisse claire d’un orchestre de jazz. Tandis que le vent apporte une nappe mélodieuse dans les feuilles des arbres ou plus impressionnant, des sifflements dans les piliers des lignes à haute tension. Bon parfois les bruits de la route nationale ou de l’aéroport cassent un peu l’ambiance mais vous ne pensiez pas quand même que j’allais devenir poète ? Sérieusement ! 😉
Tout ça pour dire un grand merci à tous ceux dont j’ai croisé le chemin, ces rencontres ne sont pas le fruit du hasard et sont un cadeau d’une grande valeur (enfin j’espère pour vous 😁).