C’est étrange de ne rien faire ou tout au moins pas grand-chose. J’en profite pour me promener un petit peu, en voiture pour changer. Je fais le copilote en accompagnant Alain reconduire son petit-fils sur Chambéry. Chambéry et ses paysages magnifiques, le lac du Bourget et ses montagnes majestueuses que j’avais prévu initialement le parcourir avec Honoré. L’escapade aura été brève, tout juste l’après-midi, mais j’aurais pu admirer encore une fois ces montagnes. Au retour je conduis un petit peu pour soulager Alain fatigué, heureusement c’est une voiture automatique et mon mollet gauche peut donc rester au repos.
J’accompagne aussi Bernadette sur Montpellier où elle devait ramener Philippe et son fils qui ont passé quelques jours à la ferme et ramener Sylvie la sœur d’Alain. Petite escapade au bord de la Méditerranée que je ne pensais pas voir dans mon périple. Je profite de la plage pour tremper les pieds dans l’eau. La dernière fois, c’était en partant de Crozon, cette fois-ci c’est à Mèze, en face de Sète. À Deauville, il faisait trop froid pour mettre les pieds dans l’eau. Que de distance parcourue !
Le projet de loi stagne, mais c’est sûrement normale en cette période de vacances. Par ailleurs, la météo caniculaire et les nombreux incendies occupent toute l’actualité, à juste titre.
J’ai malheureusement pu observer les dégâts de la canicule qui, depuis mi-juillet, a sérieusement jaunie les arbres. En cette première quinzaine d’août, l’automne est déjà là dans le sud. Ajouté à celà les hectares de végétation brûlés par les incendies, l’ambiance lunaire n’augure rien de bon. Ma motivation à ramasser les déchets ne faiblit pas, bien au contraire avec ces observations, toute pollution doit être arrêtée pour limiter les dégâts déjà considérables.
Enfin, cette période d’anniversaires loin de la famille, titille un peu le moral, mais j’ai encore tellement de belles rencontres à faire et de magnifiques paysages à traverser… Rien que d’y penser, ça remonte le moral pour avancer dès que possible.
Lyon
Wwoofing dans le Lyonnais
Je ne devais rester que quelques jours pour visiter la ferme et comprendre son fonctionnement, mais la bonne entente avec Bernadette et Alain et les grosses chaleurs annoncées, m’incitent à prolonger le séjour.
Visite du vieux Lyon et ses traboules (passages étroits entre deux immeubles), découverte du funiculaire pour accéder à la basilique Notre-Dame de Fourvière ou encore dégustation de glace d’un grand glacier Lyonnais au soleil couchant, c’était une belle découverte. Merci Bernadette, Sylvie et Alain.
La météo caniculaire m’invite à prolonger le séjour parce-que pour repartir ça va monter sec avec le Pilat et parce-que les températures sont trop élevées et annuleraient tous les bienfaits de la pause sur la santé d’Honoré (et la mienne). On n’est pas pressés, on va attendre que le temps se calme. Et puis j’ai encore plein de choses à découvrir comme par exemple la découpe des agneaux (désolé pour mes amis vegans) ou encore l’éducation de la jeune Border qui doit prendre la relève pour diriger le troupeau. Mais hier soir, fort de mon enthousiasme à aller donner à manger aux agneaux, je me suis précipité et ne tenant pas compte de la forte pente, la brouette chargée de grains m’a emmené, provoquant une déchirure musculaire au mollet. Direction les urgences, mais retour à la ferme car personne en radiologie. J’ai quand-même eu des calmants à l’efficacité limitée mais qui m’ont permis de passer la nuit, en pointillés, mais bon. Ce matin retour aux urgences pour confirmer le diagnostic et passer à la pharmacie. Merci Bernadette d’avoir joué les ambulanciers. Bref, je dois me résoudre à une nouvelle pause, qui risque d’être longue.
Monts du Lyonnais
La journée avait plutôt mal commencée avec une erreur d’itinéraire. Enfin, un détour inutile pour aller à la supérette qui risque d’être fermée ce dimanche matin. Heureusement une riveraine randonneuse indique qu’il y a une autre supérette dont elle est sûre qu’elle est ouverte. Demi-tour, petit crochet par la fameuse supérette puis retour sur le GR7. Ça descend sec et en bas, chicane anti-cyclos et escalier. Non ! Impossible de faire demi-tour, on débâte, faut que ça passe. Honoré joue bien le jeu, ouf. Mais après la descente, ça remonte. Et sérieusement. On quitte enfin la route pour un charmant chemin, mais à nouveau, chicane anti-cyclos. Grrrr ! Je débâte, rebâte, remonte 500 mètres et re-chicane ! Heu comment dire… Ça fait chier et j’espère que ça va pas être comme ça toute la journée ! Bon, heureusement, c’était la dernière. Mais ensuite ça grimpe plein sud, donc au soleil. Et avec le temps perdu à débâter et rebâter, ben du coup on monte au soleil et sous la chaleur déjà écrasante. Dire que je me plaignais du plat de l’Eure ou de la Marne, ben figurez-vous qu’aujourd’hui ça me manquerait presque, un peu de plat. Je dis presque parce que marcher sans ombre c’est pas mieux que les forts dénivelés. Au moins de temps en temps il y a de l’ombre. Ce soir, on écourte l’étape. Je demande à un couple d’agriculteurs s’il y a de l’eau au point que j’avais repéré sur la carte, ils m’assurent que non et nous proposent de bivouaquer dans le pré que les vaches viennent de quitter. Parfait, il y a de l’ombre, le sol est assez plat et la dame, dont j’ai oublié de demander le prénom, nous propose la douche. Je peux même recharger la batterie, le panneau solaire a chaud et comme on cherche l’ombre, il est moins efficace.
Et ce matin, café et cake au citron maison. Encore pas mal de dénivelés aujourd’hui, la traversée d’un joli village médiéval nommé Rochefort. J’avais déjà traversé un Rochefort-en-Terre en Bretagne, classé « Un des plus beaux villages de France ». Le mal au dos m’interdit de rester immobile avec le poids du sac le temps de ramasser les déchets, et puis avec les dénivelés peu stables, ce n’est pas prudent. Il y a beaucoup de serres et de tunnel par ici. Je pensais la culture de fruits rouges plus dans la Drôme, mais les altitudes d’ici le permettent aussi. La vue du haut de Saint-André-la-Côte est magnifique sur la vallée du Rhône. Dommage que le temps vire à l’orage, on distingue à peine les Alpes. Hier soir on pouvait entrevoir jusqu’au Vercors.
Ce soir bivouac à Sainte-Catherine près d’un étang. La journée qui suit est un peu particulière, c’est le dernier jour de marche avec Christine et Jaka. Même si on savait que ce jour arriverait, on ne savait pas que ce serait aujourd’hui. Mais définitivement, notre bulle est impénétrable, mon caractère de vieux con solitaire, pas fait pour supporter un autre bipède (enfin pas trop longtemps). La pauvre Christine préfère interrompre son aventure, et je la comprend bien.
Sinon la journée était encore belle, un peu plus fraîche et ça a fait beaucoup de bien. Sur les crêtes on pouvait voir d’un côté la vallée du Rhône jusqu’aux Alpes, de l’autre le Livradois Forez et en face le parc naturel régional du Pilat. Nous arrivons à Valfleury, un nom évocateur et bien porté par cette jolie commune. Le village est consacré à la Vierge, de l’église et sa crypte au chemin de croix et aux oratoires. Bref c’est beau mais il a été difficile de trouver un emplacement plat pour les tentes.
Pour la première fois depuis notre départ, aujourd’hui je fais demi-tour. Bien avant de partir faire ce tour de France, j’avais repéré une ferme à louer dans le coin, mais je ne sais pas pourquoi la visite ne s’est jamais faite. Et comme par hasard, alors que je continue mes recherches pour redémarrer une activité agricole tout en parcourant la France, je retombe sur cette annonce et il se trouve que la responsable de répertoire installation du Rhône, rentre de vacances aujourd’hui. Je lui laisse donc un message, explique à ma situation et dans l’après-midi même, je reçois les coordonnées des propriétaires de la ferme. Ce matin, alors que Christine quitte l’aventure, je retourne sur mes pas pour aller visiter cette ferme à 25 km de ma position actuelle. La journée de marche est longue et chaude et j’arrive tard sur la ferme. Autant dire que je n’ai plus de courage pour visiter, une bonne douche et un repas suffiront. Je suis chez Bernadette et Alain, éleveurs d’ovins viande dans la vallée du Gier. Je profite d’être là pour faire du wwoofing, qui sait ça peut être amusant de faire du wwoofing dans ma future ferme… Avec ces chaleurs, le travail est plutôt matinal, c’est l’occasion de faire quelques courses l’après-midi et faire ressemeler mes chaussures pour la seconde fois (enfin pour cette paire là) et c’est Bernadette qui s’est occupé de tout. Merci Bernadette. L’entente est plutôt bonne avec le couple, je peux rester quelques jours à la ferme et modifier mon itinéraire pour rejoindre mon trajet. Ou en découvrir un autre… Je n’ai plus d’impératif pour rentrer chez moi alors j’en profite. Ha ! Que ce chemin est chargé de surprises !