Doubs

Aujourd’hui la mission est de traverser Besançon. Au niveau du dénivelé ça va être tout plat, on commence par une portion de route où il y a peu de circulation, mais ça roule vite. Ensuite c’est la vélo route sur le chemin de halage, ça on a l’habitude, c’est pas notre première fois. En revanche c’est la première fois qu’on emprunte un long tunnel ! Sur environ 200 m, on passe sous la citadelle dans un tunnel un petit peu éclairé avec à droite le canal, et nous marchons sur la piste cyclable. Ça résonne, Honoré a les oreilles bien tendues, s’arrête quand on croise des vélos qui l’éblouissent avec leur lumière, mais ne se laisse pas impressionner. Ça passe tout seul, Honoré est vraiment un âne qui passe partout (enfin presque). Le reste de la traversée se déroule tranquillement, d’autant qu’on ne voit pas grand-chose de la ville en longeant le Doubs. Une dame s’arrête avec son vélo, elle a repéré ma coquille et l’année prochaine c’est la retraite. Elle hésite à partir sur Compostelle. Je la rassure en lui disant toute la bienveillance que le chemin peut apporter et les belles rencontres. Touchée par notre démarche, d’autant que son fils a lui aussi entrepris une itinérance et a lui aussi remarqué la bienveillance des hommes, elle tient à participer à notre cagnotte (Leetchi.com/c/tdfane) et me glisse un billet. Je suis très touché, j’en dépenserai une partie demain en m’offrant un éclair au chocolat sur lequel je mettrai la bougie de notre premier anniversaire de marche. L’après-midi se déroule bien sous la chaleur mais dans un magnifique paysage. Je cherche tôt un bivouac que je trouve en face chez Jean-Lou et Martine. Ils s’occupent de prévenir la propriétaire qui est OK et le couple m’invite à prendre une douche, l’apéro et dîner. Encore une belle surprise du chemin et une belle rencontre.
Voilà ça fait un an qu’on marche. Dès le départ j’ai compris que je devais lâcher prise sous peine de galères en perspective. J’ai compris que je devais laisser le chemin me guider. Moi qui aime bien tout organiser je dois laisser une place à l’improviste et profiter des surprises du chemin.
Ce matin, je me dépêche d’aller à la boulangerie chercher mon pain et mon éclair au chocolat d’anniversaire. Je laisse Honoré au pré, j’irai plus vite. À mon retour, Martine et Jean-Lou m’attendent pour le café avant de plier la tente et reprendre la route.
Le chemin reprend un peu de dénivelés, mais rien d’impressionnant. Heureusement je passe par une zone industrielle près de laquelle il y a des poubelles qui me permettent de vider la mienne. Ici les poubelles de déchets ménagers sont facturées au poids. Il n’y a donc pas de bennes collectives et les particuliers les gardent bien au chaud chez eux. Je fais la pause de midi près de centre culturel de Serre-les-Sapins et comme prévu, je fais le selfie d’anniversaire. Finalement c’est un moment de solitude et d’émotion, je ne m’attendais pas à ça… Honoré me propose même de faire un selfie en mode sieste, c’était amusant. Quelques minutes après la pause, nous sommes interpellés par une famille qui souhaite l’anniversaire groupé de plusieurs enfants. Alors on boit un coup avec eux et on fait une photo souvenir. Honoré à même son dessin d’anniversaire offert par Alice, Olivia et Émilia. Puis nous rattrapons le chemin de Compostelle que nous suivrons les semaines à venir. Une nouvelle fois, on bivouac près d’un lavoir. Le réseau est capricieux, le paysage vallonné y est pour beaucoup. Obligé de grimper en haut du village pour répondre à vos nombreux messages qui me font toujours autant plaisir.
Aujourd’hui le chemin est plus compliqué, des chemins mal repérés, certains même cultivés ou pâturés m’obligent à faire de nombreux détours. Ce soir je voulais bivouaquer sur un terrain communal mais il y a un arrêté municipal qui l’interdit pour privilégier le camping. Bon ça faisait longtemps, j’y vais. Les jeunes animateurs du camping sont touchés par ma démarche et préparent un article pour leur page Facebook Woka Marnay et leur site https://camping-vertlagon.com/ Une petite pause bien agréable dans un cadre calme et un environnement verdoyant.
Mais je dois repartir car c’est chez Coraline et Maxime que je dois faire ma pause hebdomadaire. Coraline a une jument et un âne qui tiendront compagnie à Honoré. Elle est aussi fan de Âne Victoires. Leur chaîne Youtube lui a beaucoup apporté pour savoir prendre soin d’Anatole, son petit âne de Provence. Coraline et Maxime sont étudiants et sont au petit soin pour moi. C’est Maxime qui m’emmène à Decathlon Besançon pour faire mon réapprovisionnement. Depuis un an je suis entièrement habillé par Decathlon et il est temps de renouveler les vêtements. Le matelas aussi a souffert et le sac à dos menace de me lâcher. J’ai reçu un superbe accueil dans ce Decathlonhttps://www.facebook.com/decathlon.besancon/ D’ailleurs dans un prochain post je ferai un récapitulatif du matériel avec mon avis d’utilisateur. Et franchement le matériel Decathlon, ça tient le coup. Merci à Coraline et Maxime pour leur accueil, leur générosité et leur gentillesse 🤗

Franche Comté

Tous les départs d’après pause depuis le début de ce Tour de France, ont été difficiles. Mais celui-ci est au moins aussi difficile que celui de chez Âne Victoire ou chez Charlotte de Aux ânes etc… Et je pense aussi à Louis et Olivier et à Rébecca. C’est toujours un moment où les émotions sont fortes, probablement amplifiées par la magie du chemin. Et comme à chaque reprise, Honoré me test et ce matin j’ai le droit à la totale : on double à gauche et même par la droite au lieu de rester sagement derrière, on tire pour aller brouter, on s’arrête pour faire semblant de se gratter, on accélère au moment de s’arrêter et on s’arrête au milieu de la route quand une voiture arrive. Bref, je sais que j’en ai pour deux ou trois jours.
Après avoir traversé la Bretagne et la Normandie, pays du beurre et de la crème fraîche, l’Alsace et son Munster, j’arrive au pays du Gruyère. Et je me rend compte que j’ai mal calculé mon coup, je vais arriver dans la région de la raclette en plein été. Heureusement qu’ensuite je ferais un crochet par le pays de l’Aligot, du Cantal et du Saint Nectaire, pour ça y’a pas de saison. Les gens ici sont vraiment accueillants, en passant devant une maison, on m’invite à m’installer dans le jardin. Il est trop tôt pour le bivouac, mais pour pique-niquer ce sera parfait. J’ai même une part de tarte aux pommes et des fraises du jardin. Beaucoup de route pour ce jour de reprise, quelques déchets aussi, même si ce sont des petites routes. J’appelle la mairie de Moimay, ce soir je bivouac près de l’Église. Je fais juste attention à planter la tente devant le buis.
Pour cette deuxième journée après la reprise, nous commençons par devoir traverser deux passerelles en bois, de celles qu’Honoré redoute habituellement. Après seulement cinq minutes de négociations, il franchit la première et ho surprise, il ne ralenti même pas pour passer la seconde. Plus loin deux autres passerelles, plus longues, plus hautes et avec de l’eau en dessous… Hé ben pas de problème, Honoré les passe fièrement. Enfin, c’est moi qui suis fier de lui. Je regarde la carte pour viser dans quel coin bivouaquer, il y a quelques petits villages mais éloignés. J’appelle la mairie d’un village qui me semble dans la limite du kilométrage possible et je tombe sur le portable de Baptiste, le maire qui me propose de bivouaquer chez lui. Rendez-vous est pris, ouf, pas de bivouac à chercher ce soir, y’a plus qu’à marcher. De plus en plus souvent j’anticipe les bivouacs, d’autant que les petites mairies ne sont ouvertes que quelques heures par jour, le matin ou l’après-midi. Les paysages sont magnifiques et je découvre qu’une partie du chemin emprunté aujourd’hui, est également une portion d’un chemin de Compostelle. Il y a de beaux dénivelés, notamment la sortie de Rougemont, une côte qui fait bien mal au genou. Heureusement avant la montée, un couple a rempli les gourdes et offre une bassine d’eau à Honoré. D’en haut je regarde le panorama qui est splendide et duquel il serait possible de voir la ferme de Valérie Alain, avec de bonnes jumelles. Valérie et Alain sont des gens d’une telle gentillesse qu’on ne peux pas les oublier. J’aurais donc bien profité de la jolie vue tout la journée avant d’arriver chez Baptiste et Nadège à Huanne. Promis il n’y a pas de faute, ça c’est s’écrit bien comme ça, c’est bien en France et pas en Chine,  c’est dans le Doubs et je n’ai pas vu de pangollin. Et comme je suis dans une période de chance, Baptiste est aussi cuisto et m’invite à dîner. Une soirée très agréable encore une fois autour d’un bon repas et d’un bon verre.
Aujourd’hui encore, les paysages qui s’offrent à nous sont magnifiques. Les foins sont commencés et dégagent une bonne odeur de miel qui présage une bonne récolte. Une famille me propose un bivouac mais il est trop tôt, il faut que j’avance encore un peu. Finalement je tarde à trouver, du coup j’intercepte les gendarmes pour leur demander conseil (c’est toujours drôle d’arrêter les gendarmes ). Je me dirige donc vers un vieux lavoir dans lequel il y a de l’eau bien fraîche et bien clair, qui sera parfaite pour la toilette et la lessive. Honoré a de la bonne herbe, mais il la souille parce qu’on est à côté d’une ferme laitière et la traite est terminée. Voir une quarantaine de vache passer si près de lui sans clôture, ça lui a fait peur. Et pareil pour la traite matinale au retour du pré. Bon ceci dit, il y avait largement assez à manger pour la nuit.
L’étape du jour est encore très jolie et assez vallonnée. Je fais un petit crochet pour aller chercher du pain puis retour vers le chemin, enfin ce qu’il en reste, j’ai de l’herbe presque sous les bras… Il y a beaucoup de versions du chemin de Compostelle par ici, on en quitte un,  on en trouve une autre. Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome (ou à Compostelle) ? Après la dernière grande montée on fait une pause broute pour Honoré et pique-nique pour moi et même sieste pour tous les deux. La descente est longue et douce et nous conduit vers le Doubs. Rapidement on retrouve la civilisation et une jeune fille et sa maman nous invitent à bivouaquer. Mais il est trop tôt, et surtout le problème se posera demain pour trouver un bivouac. En effet demain il faudra traverser Besançon. Il y a une bonne vingtaine de kilomètres à parcourir pendant lesquels il sera difficile à trouver un bivouac. On a quand même pris le temps de papoter, à côté on prépare le marché du soir et on nous offre de l’eau, puis nous reprenons notre chemin. Maintenant c’est tout plat on longe le Doubs sur un chemin de halage. Ça nous rappelle plein de souvenirs. Ce soir le bivouac sera dans la cour d’une ferme de charolaise. Mais il y a une clôture, Honoré n’a pas peur et nargue même les vaches en se roulant par terre.