Cinquième département

Départ de Châtelus-le-Marcheix salués par Marie-Pierre qui apporte un bout de pain à Honoré et de brioche pour moi (merci beaucoup elle était délicieuse), nous repartons avec le beau temps. On profite donc du paysage, mais ça ne dure pas, la pluie vient gâcher la journée. Sous la pluie nous arrivons dans une ferme où nous sommes accueillis 0ar Floor et ses enfants Antoine et Martin, Guillaume le papa est dans les prés. Il y a deux ânes dont un entier compliqué à gérer.

Le chemin est chouette, toujours en Limousin mais nous avons quitté la Creuse pour la Haute Vienne.

Entre moulins, ponts et vallons, la collecte des déchets se poursuit. Toujours au même rythme d’une vingtaine de litres par jours de déchets non recyclables et autant de bouteilles plastiques ou canettes.
Si quelqu’un peut me mettre en contact avec un élu qui pourrait avoir un peu de poids pour proposer des solutions qui permettraient de limiter les déchets plastiques, je suis preneur.

Traversée de La Souterraine

Après le cadre féerique de chez Jean-Marc, c’est la pluie qui m’accompagnera toute la journée. En chemin, je rencontre un groupe de jeunes qui fait le tour du lac d’Eguzon. On se retrouve à Crozant pendant une pause pique-nique à l’abri. Crozant est vraiment un joli village.

Marcher sous la pluie est particulièrement fatiguant avec un âne qui préférerait être au sec. C’est pourquoi quand nous sommes interpellés par Bertrand et Stéphane, on n’hésite pas à s’arrêter. Bertrand élève des moutons et quelques vaches. Il est également en chemin, mais en chemin spirituel vers « la lumière de l’islam » qui semble lui apporter le bonheur. Stéphane quant à lui, ancien séminariste hébergé temporairement ici, continue de suivre « la parole de Jésus ». Il continue son chemin après être allé à Compostelle en suivant la voie du Puy-en-Velay. Une soirée riche en échanges.

Le lendemain est une journée ponctuée de rencontres animales. Chevreuils, renards, écureuils… je marche jusqu’à Saint-Agnant-de-Versillat, charmante commune qui vient de fêter tardivement la fête de la musique. Je bivouac sur un terrain communal derrière l’épicerie-bar où je suis particulièrement bien accueilli.
Il est temps de passer la première « grande ville », La Souterraine. Je pensais la traverser en deux fois en m’arrêtant au camping, mais c’est finalement plus compliqué, alors en route. Je dois paser à La Poste chercher mon panneau solaire et ma batterie en poste restante. Honoré ne fait pas le fière devant le distributeur de La poste et dépose sa commission ramollie par le stress. Nous poursuivons notre traversée et la Porte Saint Jean impressionne Honoré. Heureusement une commerçante voisine propose des carottes vapeur qui trompent la peur de cadichon.

Mais les difficultés ne sont pas terminées. Il faut traverser la N145 entre deux ronds points, par en-dessous. Pas rassuré, il a fallu viser entre deux vagues de camions bruyants pour pouvoir passer. A la sortie du deuxième rond-point, la gendarmerie nous accoste. Très sympa, ils m’interrogent sur mon parcours et nous encouragent.
La journée a été longue il faut se reposer et nous trouvons notre bivouac près d’une ferme, invité par des voisins retraités qui proposent de l’eau et le petit déjeuner.

Les gorges de la Creuse

Bon, j’ai récupéré un panneau solaire et une batterie, j’ai aussi un peu de réseau. Il est temps de donner des nouvelles.


Après Neuvy, nous prenons la direction de Cluis. Joli village dans lequel nous arrivons par une carrière. Le centre bourg est agréable, j’en profite pour prendre à manger à la boulangerie. Le restaurateur d’à côté me suggère d’éviter le viaduc avec Honoré, en passant par Hallé. En effet, en haut ça aurait été compliqué, en bas trop d’eau. Note chemin nous amène à Pommiers. Fatigué de chercher, je demande à la secrétaire de mairie où bivouaquer. Elle appelle la maire qui nous propose de nous installer aux nouveaux lotissements. Il n’y a qu’une maison, mais le dépôt municipal tout proche, me permettra d’avoir de l’eau à volonté. Le maire et son épouse sont passés nous saluer dans la soirée.
Le jour suivant, le paysage est de plus en plus beau. Nous traversons Gargilesse, un des plus beaux villages de France. Comme Charroux ce village est magnifique avec de nombreuses boutiques d’artistes et artisans d’art. Mais pas de boulangerie. Les passants pensent que nous sommes là pour un spectacle. On a gagné 5 € . Ce soir là j’ai préféré le camping pour recharger le téléphone et la batterie, c’est là que je me suis rendu compte que le panneau solaire était HS. La batterie aussi du coup… je passe donc la commande et calcul la destination pour la poste restante. On en reparlera plus tard. En tout cas une bonne douche fait du bien. Je m’offre une bière et la patronne me demande de passer une commande factice à sa nouvelle serveuse pour la tester. Je gagne une autre bière.


Pour repartir du camping, nous passons par le barrage de laRoche aux Moines. C’est impressionnant mais Honoré passe sans problème. Pas trop de déchets par ici, ça tombe bien, ça monte. Mais plus loin, alors que nous sommes sur les hauteurs, une flaque d’eau effraie mon animal de compagnie. Peur panique à se cabrer, faire demi-tour sans même me calculer. Je me prend un coup de harnachement sur les côtes et gagne un bel hématome. Je n’ai pas compris sa peur, il a déjà passé des flaques bien plus grandes…


Nous passons par Cuzion puis remontons sur Eguzon pour chercher un bivouac. Personne ne répond… on avance. Je demande à un type qui tond son immense terrain, mais non. Et puis la magie du chemin me conduit devant une coquille. C’est là ! Je suis chez Jean-Marc qui vit dans une caravane aménagée. Son terrain est agencé joliment et en respectant l’environnement. Il a de tout, roulotte, Tipi Indien… et nous. Belle rencontre encore.