Pause chez Manon et visite ostéopathe

Je suis en pause chez Manon, professeure des écoles rencontrée chez Ânes Victoires, qui m’avait proposé de passer par chez elle. J’ai choisi de faire le détour et profiter de cet arrêt avant d’approcher les montagnes pour faire un point avec une ostéopathe. Je suis accueilli par Peggy, la maman de Manon, qui vient à notre rencontre avec son fils Théo en promenant Frisbee l’épagneul breton de la famille. Tout se suite le courant passe bien et on passe saluer Arnaud, le frère de Peggy mais aussi maire du petit village d’une quarantaine d’habitants. Gilles, le papa, arrive un peu plus tard puis Manon qui rentre de l’école. Toute la famille est adorable et attentionnée, l’accueil est extra, je me sens rapidement comme à la maison.
Déjà il est temps d’aller voir les chevaux de Manon qui eux aussi doivent avoir une séance d’ostéopathie. Nadège (facebook.com/nadege.hervet), l’ostéopathe, travaille beaucoup sur les points énergétiques. Elle a une approche très pro et bienveillante de sa pratique, Honoré n’a presque pas bougé et semble avoir apprécié la séance. Merci à tous ceux qui ont participé à la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane et qui m’ont permis d’offrir ce soin à mon compagnon. Merci Manon de m’avoir conseillé Nadège et merci Nadège pour le bien apporté à Honoré. Il reste encore le rappel annuel de son vaccin, le vétérinaire passe jeudi. Prochain soin prévu, parrage des pieds que j’espère pouvoir faire avant les Vosges. Si vous êtes sur mon parcours et connaissez un bon parreur, si possible méthode Enoff ou Parisot… parce qu’on est adeptes de la marche pieds nus ! (Voir la vidéo d’Ânes Victoires a ce sujet : https://youtu.be/c8U3xPsMYxk).

Je profite de la pause pour faire du tourisme. Il se trouve que je suis entouré de nécropoles de la guerre 14-18 et que justement, un ancêtre est enterré près d’ici. Je me devais donc faire le détour, conduit par Manon, qui se prend au jeu de la recherche de la tombe du soldat creusois, mort pour la France loin de chez lui, dans la Marne. Grâce à sa persévérance, nous l’avons trouvé.
Manon me présente à ses grands-parents Marcel et Annette, qui habitent également le petit village et qui m’accueillent à leur tour en toute générosité. Je suis d’ailleurs invité à déjeuner tous les midis où Manon, Peggy et Gilles sont au travail. Après le déjeuner, Marcel propose de me faire découvrir l’histoire des environs. On commence par la source de Côte à Vignes où une immense statut de Sainte Mennehould, qui a découvert la source, surplombe les environs.
La région n’a été épargnée par les guerres, nous sommes tout près de Valmy et sa célèbre bataille de 1792, ainsi que son moulin reconstitué. Le musée est fermé à cette période, mais ça n’empêche pas de faire le tour du moulin et des monuments à la mémoire de Kellermann.
Puis nous allons à la Main de Massige (parce que les vallons du paysage forment une main). Là, le témoignage du passé dans le tranchées est vraiment poignant. D’autant plus dans le contexte actuel. Impossible de ne pas imaginer l’enfer qu’ont vécu les poilus au fond de ces tranchées, par tout temps et sous les bombes et tirs ennemis. Le travail de l’association qui rénove et entretien ce site est extraordinaire. Des corps sont régulièrement découverts encore aujourd’hui. Un détour à faire si vous passez dans le coin. Vraiment j’ai été touché par ce lieu chargé d’histoire. Merci Marcel pour la journée.

Champagne

Hier soir j’ai fais un atelier couture… Une valise commençait sérieusement à se déchirer sur une couture du bas. Je me rends compte que la toile, bien que robuste, avait tendance à moisir à cause de l’humidité lorsque je la pose au sol. Il faudra que je renforce tout ça dès que possible. Le chemin de la journée était superbe, vallonné tout doux, de la forêt, du chemin, du bonheur… et même les premières vignes de champagne le matin. Mais Honoré n’a pas aimé parce que le dimanche, quads, motos et cavaliers sont de sortie, il a eu peur sur une bonne partie du chemin. Mais c’est passé, ouf. L’objectif du jour était d’approcher le plus près possible de Reims pour traverser la grande ville d’une traite. C’est faisable en empruntant le canal. C’est ce que m’a conseillé Stéphane Blaise qui est passé par là avec son âne Marius. Ce soir je dors près d’un pressoir de Champagne. C’est la région et ce n’est que le début.
Au matin la femme du vigneron m’apporte le café chaud, des madeleines et du chocolat. Presque le petit déjeuner au lit ;). Je pars donc de bonne heure comme prévu mais il a encore gelé à -5 cette nuit et malgré le soleil, la température reste fraîche. Le vent augmentant la sensation de froid, j’ai gardé les gants toute la journée. L’objectif de traverser Reims dans la journée est atteint, une bonne vingtaine de kilomètres le long du canal mais dans un environnement plutôt industriel. Le canal est toujours en activité pour charrier notamment le calcaire des nombreuses carrières alentours, les céréales, les betteraves… Par ailleurs, le canal est souvent longé par l’autoroute, qui parfois passe par dessus via d’immenses ponts, comme les voies de chemin de fer et autres routes circulantes qui ne rassurent pas Honoré. Pourtant il a plutôt été sage aujourd’hui et ce soir je peux le récompenser en le laissant libre dans un parc où il peut gambader. Il y a des congénères mais pas très sociables alors ils restent dans leur paddock tandis qu’Honoré galope. J’ai du courant pour recharger, je suis conduit au gymnase pour la douche. Parfait ! Je suis à  Sillery et m’apprête à traverser les plaines de champagne, en espérant que le vent nous oubliera.
Départ ce matin de bonne heure toujours le long du canal, donc plutôt calme et encore industriel en suivant notamment les dépôts de l’usine de sucre Béghin Say. Il faut quitter le canal et commencer les plaines. C’est là que le téléphone sonne, une journaliste de Cheval Magazine veut à nouveau faire un sujet sur notre tour de France pour le numéro de mai prochain. J’en profite pour faire la pause casse-croûte et me diriger ensuite vers Prosnes où je suis accueilli par Francis, le maire du village. Il me conduit à la salle des fêtes, mais le vent du nord est trop fort. Finalement il m’emmène au dépôt municipal derrière lequel il y a un terrain avec suffisamment d’herbe pour Honoré. Quelques curieux viennent me rendre visite et me poser les questions habituelles sur notre périple. Une fois installé, le maire revient vers moi et me propose une douche chaude et dîner avec lui et son épouse Chantal. Encore une soirée très agréable riche en échanges. Le couple est aussi amoureux des animaux, ils ont même créé pour eux un cimetière dont j’avais pris la photo en entrant dans le village, touché par cette attention peu banale. Le repas était délicieux, je repars avec de quoi manger demain midi et soir. Merci Chantal.
Ce matin je suis dans les plaines céréalières de champagne, c’est plat, immense et les agriculteurs traitent contre les charançons, des insectes qui mangent leurs semis. Du coup Honoré ne peut pas brouter sur le bord du chemin, il est chiant, je compatis. Aussi, ce matin on entendait des tirs d’artillerie. Rassurez-vous nous ne sommes pas en Ukraine mais entre les bases militaires de Mourmelon, Moronvilliers et Suippes. Ce soir je suis attendu chez madame Chocardelle, maire de Sainte-Marie-à-Py. C’est son mari qui m’accueille, lui qui a fait Compostelle depuis Le-Puy-en-Velay jusqu’à 150 km de l’arrivée en plusieurs tronçons. Il espère pouvoir terminer son chemin prochainement. La journée a été longue et difficile, la douche fait beaucoup de bien. Les températures nocturnes remontent, -2° cette nuit contre -5° les nuits précédentes.
La tente est vite dégelée ce matin et je repars pour un paysage plus agréable. L’avantage de ces grandes étendues, c’est que les chevreuils ont peu d’abris et qu’il est facile de les voir. Aujourd’hui je suis une ancienne voie de chemin de fer, bordée d’arbres. Le terrain s’incline légèrement, on fait un petit passage dans les Ardennes, puis retour dans la Marne à Gratreuil où je bivouac dans le jardin du maire.
Première nuit sans gelée depuis longtemps, je presse le pas malgré moi, ce soir nous arrivions chez Manon. Difficile encore aujourd’hui pour Honoré que j’empêche de brouter, toujours à cause des traitements agricoles. Et en plus le vent est de la partie, ce qui ne facilite pas la progression. Enfin, on pique-nique près d’un étang puis dernière ligne droite avant la pause, dont je vous reparle très vite, et bien sûr la visite de l’ostéopathe…