Honoré à l’asinerie du Tremble

A Ainay-le-Château, nous avons emprunté le chemin des muletiers. Rien à voir avec celui du Puy-de-Dôme, enfin surtout au niveau des dénivelés. Le paysage est agréable, on a même vu des lièvres. Étape courte jusqu’à Braize où Honoré retourne chez lui. Nous passerons deux jours à  l’asinerie du Tremble. L’occasion de faire le point sur l’état de santé de mon compagnon qui se porte à merveille. Michel a pu constater que sa musculature permettrait de porter plus. Je vais pouvoir commencer à me décharger.
Sur les conseils de Michel, je renforce le licol que j’avais fabriqué trop léger au niveau de la solidité. Ses astuces avisées me permettent d’améliorer la fabrication et peaufiner les réglages du harnachement.

Le premier jour, Honoré et moi avons eu la visite de Francoise B.Wade Artiste-Peintre, adjointe au maire de Saint-Bonnet-Tronçais. Elle écrira un article sur notre passage sur la commune et le ramassage des déchets, dans le prochain bulletin municipal. J’insiste sur l’élevage de Michel sans qui nous n’aurions pas pu partir. D’abord parce que je n’aurais pas rencontré Honoré et parce que je n’aurais pas su m’en occuper.

Ces deux jours ont été bénéfiques mais il est temps de repartir. Encore une petite étape, après les racines d’Honoré, les miennes. On retourne à Coust pour une brève visite chez Dona et tata Kathy. Pas le temps de passer saluer tout le monde. Compliqué en semaine,  tout le monde travaille.

Merci à tous pour l’accueil et la bienveillance.

Je voulais aussi remercier Karine de ane-agile.com pour sa réactivité, qui m’a envoyé un nouveau tapis pour Honoré, reçu chez Michel à l’asinerie ainsi que Mahdi et Philippe de Caminoloc.com qui ont sauvé mes pieds avec l’envoie rapide de mes nouvelles Lowa.

Honoré chez les biquettes

L’étape de Cérilly à Ainay-le-Château s’annonçait longue, elle l’était d’autant plus qu’il faisait chaud (32°). Malgré la forêt de Tronçais à traverser à l’ombre, les derniers kilomètres au soleil et sur le bitume ont été difficiles. Mais l’accueil à la ferme de la berge par Charline, Amélie, Elsa et Léo, les enfants de Sandrine et Cédric, effaçait la douleur des pieds trempés de sueur.

Ils sont en plein dans les foins. Je sais la pression qui règne chez les agriculteurs à cette période clé de l’année. Rater les foins peut mettre en danger la saison de lactation des vaches et des chèvres. Ce qui serait une catastrophe surtout après ces dernières années de sécheresse. Tout naturellement je propose ma modeste contribution manuelle à mes amis que je n’avais pas vu depuis trop longtemps. Le soir même je viens aider à la traite des chèvres, histoire de voir si je n’ai pas trop perdu la main et me rappeler les bons souvenirs de ce métier qui me manque tant. Toute la famille participe, le travail avance rapidement, l’ambiance extraordinaire. Je me sent bien. Honoré aussi prend ses marques, découvre de plus près les biquettes. La cohabitation se passe bien. Même avec les chiens, les oies et tous les animaux de la ferme. Il se permet même de chasser ceux qui l’empêche de grignoter le foin des chèvres.

Sandrine et Cédric sont paysans bio et tiennent à faire des petites bottes de foin pour un meilleur stockage et pour réduire l’impact carbone du tracteur. Les petites bottes peuvent être transportées à la main ou sur la brouette alors qu’il faut le tracteur pour déplacer les balles rondes de 250 kg. J’alterne mon séjour woofing entre traite, foins et cuisine avec Charline. On s’entend bien tout les deux pour préparer le repas du midi qui doit nourrir toute la famille qui participe aux foins.

Le lendemain, Agnès et Matthieu, qui nous avaient donné de la paille bio, sont passés nous voir. Ils font partie du collectif de paysans bio qui a créé, avec Sandrine et Cédric mais aussi Céline et Sigfried, le magasin bio d’Ainay-le-Château.

Finalement, on reste sur la ferme quatre jours afin de pouvoir profiter du dimanche au calme. Sauf que le dimanche je l’ai passé aux urgences à cause d’une tique. Lundi dernier Cécile m’avait soigneusement enlevé l’intru de ma tête et désinfecté dans les règles (elle a suivi des études d’infirmière). Mais la bestiole a tout de même laissé ses traces et des ganglions douloureux associés à une fatigue intense (que je mettais sur le compte des foins et la chaleur) m’ont conduit à l’hôpital. J’ai été particulièrement touché que les enfants tiennent à m’accompagner. L’attente est longue mais je suis allongé sur un brancard sur lequel je dors jusqu’à l’arrivée du médecin. Diagnostic : maladie de Lyme. Super, me voilà avec un nouvel antibiotique pour 14 jours. Il n’y a plus qu’à espérer que la bactérie ne se soit pas trop développée.

Mais il est temps de repartir direction Braize le berceau de l’âne Bourbonnais d’où vient Honoré. Encore une fois le départ est difficile. Ce séjour m’aura profondément marqué. Léo m’accompagne avec son vélo. Merci à tous pour l’accueil, la générosité, le partage, la bienveillance… Du coup pas beaucoup de marche mais quand même des gestes pour l’environnement.