Départ de Châtelus-le-Marcheix salués par Marie-Pierre qui apporte un bout de pain à Honoré et de brioche pour moi (merci beaucoup elle était délicieuse), nous repartons avec le beau temps. On profite donc du paysage, mais ça ne dure pas, la pluie vient gâcher la journée. Sous la pluie nous arrivons dans une ferme où nous sommes accueillis 0ar Floor et ses enfants Antoine et Martin, Guillaume le papa est dans les prés. Il y a deux ânes dont un entier compliqué à gérer.
Le chemin est chouette, toujours en Limousin mais nous avons quitté la Creuse pour la Haute Vienne.
Entre moulins, ponts et vallons, la collecte des déchets se poursuit. Toujours au même rythme d’une vingtaine de litres par jours de déchets non recyclables et autant de bouteilles plastiques ou canettes. Si quelqu’un peut me mettre en contact avec un élu qui pourrait avoir un peu de poids pour proposer des solutions qui permettraient de limiter les déchets plastiques, je suis preneur.
Difficile de tenir la page à jour, tantôt à cause du soleil qui fait défaut pour alimenter la batterie, tantôt à cause du réseau capricieux.
Donc j’en étais après La Souterraine… je cherchais un lieu de bivouac et j’espérais trouver dans un charmant hameau. Mais il n’est presque plus habité. On rencontre une charmante mamie désespérée elle aussi de la désertification de son lieu-dit. Et là Honoré décide de se coucher et ne plus bouger. « C’est ici que je m’arrête » semble affirmer grandes oreilles. Et à ce moment, une dame passe en voiture et nous propose son terrain. La famille est en effervescence à l’occasion du mariage du fils prévu le week-end suivant. La fête se déroulera dans le jardin. Création d’un camping avec douche solaire et toilettes sèches, montage du chapiteau. Nous voici installés chez ces Strasbourgeois et invités à une soirée flammekueche. Toute la famille est sympathique et la soirée agréable.
L’étape suivante nous conduit à Bénévent-l’Abbaye où l’hôtesse de l’office de tourisme me conseille de pousser jusqu’à Marssac pour aller au camping car les orages sont annoncés. À la sortie de Bénévent, je laisse Honoré attaché aux chariots le temps de faire quelques courses, je ferais une pause d’une journée à Marssac. Je rencontre José (déjà croisé la veille) retraité actif comme consultant dans son ancienne entreprise de recyclage de plastiques. Inutile de préciser que nous avons des sujets en commun. Lui aussi est propriétaire d’un âne, lui aussi a parcouru les chemins de Compostelle…
Reposé, on reprend le chemin et rencontrons des pèlerins qui marchent d’un pas décidé. Mais de la sortie de Marssac à Saint Goussaux, ça monte et on préfère garder notre rythme. Nous arrivons à Châtelus-le-Marcheix sans trouver de bivouac. Ceci dit, l’étape était magnifique malgré les dénivelés. Le commerce du village nous conseille le camping où nous rencontrons Marie-Pierre, qui adore notre périple. Et pour cause, elle a également parcouru un long chemin avec ses chevaux, des Alpes à Châtelus, à pieds. Quand je dis que ce chemin est magique et place les bonnes personnes au bon moment…
Probablement l’étape la plus courte de notre Tour de France puisqu’elle ne doit faire que 4 km. Enfin normalement parce qu’ici les paysans cultivent aussi les chemins. Je suis attendu chez mon cousin Gaetan. Rapidement en entrant dans Châteaumeillant nous sommes photographiés par les passants. Plus loin une riveraine me prend pour un sdf et me donne 10€. Merci madame…
Ça me fait plaisir de revoir la famille, et comme j’arrive tôt, Bérengère me propose à déjeuner en attendant que le cousin rentre du boulot. Les enfants ont grandis, je les reconnais à peine. À son arrivée, Gaëtan me fait visiter ses volières et les travaux faits avec tonton. Super boulot ! Un petit tour pour faire quelques courses, on dîne. Le temps passe trop vite. Je dois repartir, même si j’aurais bien fait une pause ici. La traversée de Châteaumeillant se déroule facilement. Je m’arrête à la boulangerie où je suis gentillement servi sur le pas de la porte (il n’y a pas de quoi attacher Honoré). C’est l’heure de la récréation à l’école maternelle. Je m’arrête expliquer mon voyage mais la maîtresse n’accroche pas. Peut-être hésitante car seule avec les enfants. Je poursuis mon chemin. Je trouve à Champillet de quoi passer la nuit. Un espace pour moi et un grand pré pour Honoré. C’est un particulier qui vient d’acheter l’endroit qui dispose d’un gîte et qui m’accueil gentillement.
Petit point sur les déchets : On garde toujours le rythme d’environ 20 litres de déchets collectés par jour. Plus les bouteilles plastiques… 20 L également.
Le lendemain d’orage, le temps est toujours menaçant, d’autres sont annoncés. Justine me propose de rester une journée à l’abri. Elle a dû sentir mon inquiétude à partir avec ce temps. J’accepte avec plaisir en finissant la traite des chèvres avec elle. Et quelle bonne idée ! Ce jour là, une rencontre ADDEAR avait lieu chez elle. Une belle journée qui m’a permis de revoir Claire, l’alimatrice mais aussi Sigfried (j’étais passé chez lui en partant de chez Sandrine et Cédric mais il était absent). Une magnifique journée riche de rencontres et d’échanges. Mais j’y reviendrais… Nous avons également tous participé à la campagne de la Confédération Paysanne contre la nouvelle PAC qui met les paysans à poil. Bientôt les photos. Merci Justine pour l’accueil et la journée incroyable.
Le lendemain la météo est plus clémente et nous reprenons la route. Nous continuons notre ramassage de déchets et découvrons une déchetterie sauvage. Là on ne peut rien faire, mais on voit que le nettoyage est en cours. Le chemin est agréable, depuis Saint Amand, le balisage de Compostelle est bien suivi, pas besoin de carte. Enfin sauf pour faire demi-tour quand Honoré ne veut pas franchir un gué à cause du courant.
Notre chemin nous conduit au Châtelet où nous sommes appelés par les élèves de l’école maternelle. On s’arrête et j’explique notre « mission ». Les maîtresses saisissent l’opportunité pour mettre en place une séance pédagogique sur la nécessité de notre action pour l’environnement et les incivilités qui conduisent à ces actions. Après cette pause, il est temps de commencer à chercher un lieu de bivouac et c’est au village de potier « Les Archers », que nous trouvons notre point de chute. Notre premier accueil pèlerins et du coup, premier tempon sur la crédentiale.
Il a plu la nuit, la tente est encore humide mais il faut repartir, nous sommes attendus chez Tim, maraîcher bio rencontré chez Justine, qui a proposé de nous accueillir. Encore une rencontre comme seul le chemin nous en réserve. Riche en échanges, d’expériences et d’anecdotes. Merci Céline et Tim, ainsi que leurs enfants, pour cette soirée très agréable.
Alors que nous arrivons sur Saint Amand, Christiane et Armand sont venus nous saluer au lavoir du petit Marçais. Renconte trop brève d’amis qui me soutiennent depuis la première heure. Puis nous arrivons chez Marie-France et Christian, eux aussi soutiens depuis la naissance du projet. Nous arrivons tôt et déjeunons ensemble avant de monter la tente encore humide. La journée passe trop vite. Honoré dispose d’une grande pâture riche en herbe et en abris naturels pour se protéger des pluies. Avant de repartir Gwen, Flore et Élisabeth viennent nous saluer. Ça fait toujours chaud au cœur de recevoir un tel accueil et ça ne facilite pas le départ. Merci pour ces beaux moments. Mais l’étape sera courte, 7 km. Cependant c’est une étape de ville, on n’a jamais fait. On commence doucement le long du canal avant d’approcher du collège où l’animation urbaine commence. Tout se passe bien. Honoré montre quelques signes d’inquiétude au rond point de la route de Montluçon, embouteillé par la sortie du collège et la circulation de poids lourds. Mais tout se déroule assez bien. Une petite pause pique nique au pieds du château de Montrond, puis nous retournons dans le brouhaha de la ville et la traversée du Cher. Le pont impressionne mon compagnon à grandes oreilles, mais ça passe. Trop tôt pour arriver sur notre bivouac, on passe faire un coucou à Alain avant de faire une pause dans le parc de la Loubière à Orval. Là nous sommes rejoins par Alexandra de L’Écho Du Berry qui vient faire un reportage sur notre voyage. Je passe un peu de temps avec ma mère avant de reprendre la route, l’arrivée est proche. Nous sommes attendus par les parents de Stéphanie et un amie qui nous accompagnent vers notre bivouac grand confort. Merci pour cet accueil rafraîchissant. Stéphanie nous rejoint et nous dînons ensemble. Mais je suis inquiet pour l’étape demain qui commence par la traversée de l’autoroute A71. Stéphanie qui a pratiqué longtemps l’équitation, propose de marcher avec nous le temps de passer cette épreuve. Je suis rassuré. Finalement tout c’est super bien passé. Nos chemins se séparent quelques kilomètres plus loin. Encore un aurevoir difficile. Merci pour ta patience. Il fait chaud, les orages menacent. Je décide de m’arrêter de bonne heure afin de nous mettre à l’abri car la grêle est annoncée. Mais aucune réponse sur le chemin. Je poursuis jusqu’à un gué près d’un moulin. La cascade effraie cadichon qui fait demi-tour. Je ne peux pas lutter. Nous sommes donc contraints à revenir sur Loye-sur-Arnon. Je rencontre enfin quelqu’un qui me dit de me rendre au magasin des 13 blés tenu notamment par Justine, éleveuse de chèvres dans le village. Je suis passé devant chez elle mais il n’y avait personne. À la boutique je rencontre Élois qui l’appelle. Elle m’attend. Ouf ! Mais l’orage monte, la pluie… Honoré ne comprend pas pourquoi je presse le pas. On arrive avant le déluge après 26 km sous la chaleur moite de l’orage.