Aisne

Toujours en Picardie et déjà dans l’Aisne, nous sommes partis ce matin de chez Julie, Romy et Olivier qui doivent se rendre au salon de l’agriculture cet après-midi. Évidemment je leur ai conseillé d’aller voir le stand de l’âne Bourbonnais tenu, entre autres, par Natacha de l’asinerie du Tremble, chez qui Honoré est né.
On marche entre vallées et plateaux, pique-nique au bord d’un étang puis changement de département. J’appelle la mairie de Vic-Sur-Aisne et le maire vient à ma rencontre avec du personnel communal pour m’ouvrir le local du comité des fêtes afin que je puisse recharger mon téléphone et avoir de l’eau chaude. Dans le parc, Honoré fait sensation mais je surprend un riverain qui lui lance du pain. Vu qu’il a un plein sac, j’interviens rapidement. « Vous savez qu’on peut tuer un âne avec du pain ? » Lui assène-ai-je ?  » Ha ben non » me répond l’individu. Et de lui retourner « Ben voilà, c’est pour cela qu’il ne faut jamais donner à manger aux animaux qu’on ne connait pas, surtout sans l’autorisation de son propriétaire ». Alors je commence à faire un peu de pédagogie. « Nous sommes les seuls mammifères à digérer l’amidon (et encore ce n’est pas vrai pour tout le monde). Et les ânes sont des herbivores. Le pain n’est pas un végétal et en plus c’est un produit transformé. Les ânes digèrent entr deux et quatre jours, nous digérons en deux heures. Imaginez un bout de pain dans un tube humide et fermé… Il fermente, crée du gaz, gonfle et c’est l’occlusion intestinale. Voilà, maintenant vous savez ». La réponse est toujours là même « ha ben ma belle sœur elle leur en donne tout le temps, y’z’aiment ça ». Tu peux tuer les ânes de ta belle sœur si elle veut, pas le mien ! Moi j’aime le whisky mais si ma belle sœur m’en donne tout le temps, ça va être beau .
Bref, ça fait un petit moment qu’on n’a pas fait le point sur les déchets. Là-dessus pas de surprise, c’est comme partout ailleurs. Enfin, en ce qui concerne les chemins. Sur les routes et les entrées d’agglomérations, il faut reconnaître qu’il y en a un peu plus. Plus on approche de la région parisienne, plus les routes sont circulantes, plus les agglomérations sont grosses, plus il y a de déchets en quantité. Ce théorème est vrai sur toutes les routes parcourues jusqu’à aujourd’hui, mais la proximité des grandes agglomérations augmente le phénomène. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver pour trier efficacement car les bacs ne sont pas toujours clairement identifiés.
Je reprends doucement la marche ce matin, il a gelé un petit peu cette nuit mais le soleil réchauffe vite. Le chemin me fait suivre les bords de l’Aisne et quelques bosquets dans lesquels j’ai trouvé de l’ail des ours déjà sorti. J’augmente doucement le kilométrage quotidien grâce aux journées qui rallongent et parce que mon prochain rendez-vous chez Manon me permettra d’offrir une visite ostéopathe à Honoré. Ce soir je pousse jusqu’à Chavigny où je bivouac dans la cour de la mairie. Olivier, l’adjoint au maire, m’accueille et revient avec ses enfants, ravis de caresser Honoré. J’ai même droit à des œufs, thon, sardines… Le lendemain matin c’est son épouse qui me salue avec les enfants.
Le ciel se couvre mais il ne pleut pas. Le paysage est bien plus vallonné que je ne l’aurais pensé, cependant quand on est sur les plateaux, on a du mal à imaginer le relief en contrebas. En passant devant un centre équestre, une cavalière nous interpelle et j’en profite pour faire une petite pause. Honoré fait le beau et gagne quelques carottes et une ration de flocons. Habituellement je ne prend pas les flocons, mais je ne sais pas pourquoi, j’accepte. Et je ne le regrette pas parce que les kilomètres qui suivent montrent que les agriculteurs ont traité. Il y a plein de billes d’azote sur les bas-côtés, je ne veux pas qu’Honoré mange ça. Du coup il y a conflit entre nous, mais tant pi. Le soir je me fais pardonner avec la ration qu’il dévore. Merci Géraldine. Nous poursuivons notre chemin vers Reims par le GR 12 et je décide de m’arrêter au petit village de Vregny. Coup de chance, c’est aujourd’hui que la mairie est ouverte ! Et le maire arrive dans 5 minutes. Parfait. Je m’installe, le maire vient et me propose de me laisser les clés pour avoir accès à l’eau. Au matin il me renseigne sur des itinéraires possibles qui me feraient gagner du temps tout en me permettant de faire un détour vers Vailly-sur-Aisne pour y faire quelques courses d’appoint. Il y a quelques jours, un grand-père avec son petit-fils, m’avait donné un billet, ne pouvant pas aller sur la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane. Le raccourci était une bonne idée, même si la route était moins jolie, j’ai gagné du temps que je mets à profit pour avancer d’avantage. Les nombreux cimetières militaires, rappellent que nous marchons sur des zones de combats de la guerre 14-18. Anglais, italiens, allemands… Autant de nécropoles rappellant l’horreur des combats. Ce soir je bivouac près d’une église à Soupir, c’est dire le nombre de cimetières sur la commune. D’ailleurs nous suivons le célèbre chemin des dames.
Sans perdre de temps, on se remet en route et je découvre des paysages que je n’attendais pas, des grottes troglodytes. Interpellé par un corse ayant élu domicile dans l’une des troglodytes et qui possède des ânes, je fais la pause de midi avec lui. Il me suggère quelques raccourcis et j’arrive tôt à Beaurieux. Je me dirige vers la mairie, on me propose le stade de foot. En m’y rendant, je passe devant un bar-tabac où on deux dames veulent caresser Honoré. J’en profite pour demander le journal du jour (l’Union) dans lequel il y a un article sur nous, mais il semble que ce ne soit pas la bonne édition. A ce moment là, Justine et son fils Kaou me proposent de m’héberger. J’accepte avec plaisir même si ce me fait 3 km de détour. Kaou m’accompagne et rempli un sac de 20 litres de cannettes trouvées sur le bas-côté. Nous arrivons assez vite, rejoins par Lumi, la fille de Justine, et plus tard Bertrand son mari. Entre temps, Marie-Anne est arrivée, puis son mari Nicolas, puis Cédric et sa femme Alison. Une joyeuse bande de musiciens attablée à l’apéro. Bertrand prend les choses en main et allume le four à bois, ce sera soirée pizzas maison. Une bonne ambiance qui me rappelle les soirées chez Bruno et Nathalie avec Manu, Joël, Patrice… J’ai même goûté au Ratafia, une boisson locale du genre Pinot des Charentes. Et comme on approche de Reims, alors on fini par le champagne.
Départ de bonne heure, ce matin on a un rendez-vous avec Véronique et Dominique que nous avions croisé cet été sur la velodyssée entre La Rochelle et les Sables d’Olonne. Depuis, le couple suit notre parcours et ils habitent près d’ici. Je suis ravi de les revoir et ils apportent un café chaud et des croissants que nous partageons au bord du canal. Une pause brève mais qui fait du bien. Et marcher le long du canal rappelle aussi de nombreux souvenirs de Bretagne… Il fait beau, tout va bien. Et Titus (le copain d’Honoré resté à la maison) va mieux. Plus de syndrome vestibulaire, il s’alimente seul et normalement et recommence même à braire. Il est sauvé !
Les côtes sont de moins en moins importantes, on approche de la Champagne. Demain nous quittons l’Aisne pour la Marne, la Picardie et les Hauts-de-France pour la Champagne et le Grand-Est. Encore une page qui se tourne. Je pense pouvoir affirmer qu’on est à mi-chemin de notre tour de France. Mais les montagnes arrivent…

Direction l’Est

Cette première journée de marche après la pose chez Ânes Victoires, est très émouvante. Heureusement le chemin est finalement plutôt agréable et franchement confortable pour Honoré. Lui et moi sommes suffisamment reposés, il ne me test presque pas contrairement aux autres journées de reprises. Dans la forêt il y a déjà des jonquilles, le printemps arrive, chouette. De temps en temps Honoré s’arrête et brai comme pour appeler ses copines, puis cesse vers Senlis. Je pensais y faire bivouac mais finalement je pousse sur Fleurines et ne le regrette pas. J’y suis super bien accueilli, l’agent technique m’accompagne, puis la seconde adjointe me rejoint pour me présenter le maire qui s’appelle Guillaume Maréchal. Pas étonnant que cette ville soit agréable . Bon sérieusement il y a une réunion de conseil mais à la sortie Audrey, la seconde adjointe, m’apporte une pizza et un quart de rouge en cadeau de bienvenue avec le  premier adjoint. Whaou quel accueil. Le lendemain matin je suis invité au petit déjeuner en mairie. Audrey a tout prévu, café et viennoiseries, même des sandwichs pour ce midi.
Mais la météo annonce des rafales à 85km/h et de la pluie, pas le temps de faire une pause, je grignote en marchant. Je suis à l’abri des grosses rafales dans la forêt mais pas rassuré pour autant à cause des branches qui pourraient tomber. On se prend une belle averse avant d’arriver à Verberie où nous sommes accueillis par la policière municipale. Audrey avait encore une fois tout prévu, elle avait contacté la mairie juste après notre départ. Nous bivouaquerons dans la cour du château. Je peux prendre de l’eau à la MJC dans une aile du château. Évidemment les enfants viennent caresser Honoré qui prend un véritable bain de foule. Le maire passe également nous saluer avec le journaliste local. Il a diffusé notre passage sur les réseaux sociaux, les habitants sont venus nombreux nous saluer, très nombreux, j’étais épuisé. Le directeur de la MJC me propose l’accès à la douche, ça fait du bien. Le lendemain matin je prend un café avec les gens du château, fais le plein des gourdes et récupère la serviette qui a eu le temps de sécher pendant la nuit. La pluie se décide a commencer de tomber juste au moment où je plie la toile de tente. Mais c’est pas grave, je ne perds pas de temps, la journée va être longue car il y a peu de communes sur mon chemin.
J’arrive dans la forêt de Compiègne qui est immense et peu habitée. La journée est ensoleillée, la forêt agréable, il y a même des biches qui sont venues nous observer. Je trouve un beau terrain à côté de la mairie et de l’abbatiale de Saint-Jean-aux-Bois. Ce sera parfait pour cette nuit. La nuit a été fraîche, la température est descendue à -5°. Je crois que c’est la limite de ma zone de confort, au-delà il faudra mettre le deuxième duvet. Heureusement le soleil se lève plus tôt et réchauffe vite l’atmosphère et le bonhomme. Ce matin la vidéo d’Ânes Victoires est en ligne, je la regarde avec mélancolie, quelle semaine de fou ça a été !
Nous sortons du village et sommes immédiatement dans la forêt de Compiègne. Par cette jolie matinée ensoleillé c’est agréable de marcher. Tout au moins jusqu’à la pause de midi écourtée par des chasseurs à courre. Une vingtaine de cavaliers arrive au trot et effraie Honoré. Je me mets sur le chemin pour leur faire comprendre qu’il faut ralentir mais ho stupeur, la plupart les cavaliers ne sont pas capables de faire ralentir leur monture ni même la diriger. Certains tentent bien une manœuvre aussi inutile que dangereuse en levant les bras bien haut. Le geste stupide n’a pour effet que d’effrayer les chevaux et leur faire mal à la bouche. J’ai devant moi la preuve que les mors ne servent strictement à rien, surtout pas pour assurer la sécurité du cavalier qui à ce moment-là ressemble franchement à un crapaud sur une boîte d’allumettes. Je suis scandalisé par le traitement qu’ils infligent à leurs chevaux. Je connais de nombreux cavaliers, certains chassent à courre, mais je n’avais jamais vu un tel comportement irresponsable, irrespectueux et dangereux. En plus d’être incompétents, et donc maltraitant avec leurs chevaux, sur la vingtaine de cavaliers seuls trois ou quatre on su dire bonjour. Je n’ai habituellement rien contre les chasseurs, même si je n’ai rien pour non plus, mais un tel comportement doit être dénoncé. Enfin heureusement plus tard d’autres chasseurs, plus respectueux ceux-là, nous ont salué poliment. L’échange était même plutôt cordiale. La chasse est terminée pour cette année, ouf.
Le chapitre suivant est bien plus agréable, Julie m’a contacté suite à une parution sur le Facebook de la ville de Verberie et me propose un hébergement. Ça me fait faire un petit détour qui m’oblige à passer près du rond-point de l’armistice. Je vous invite à consulter leur site : https://www.audioguide-armistice.fr/ Ce détour a du sens d’autant que nous sommes passés par les plages de Normandie, et vu le contexte actuel, évoquer la paix me semble de bonne augure. Après avoir pris le temps de discuter avec les voisins, Julie nous accueille. J’installe Honoré dans sa prairie pour cette nuit et demain, nous ferons une pause ici. Quant à moi, j’ai une chambre au chaud, ça tombe bien il va encore geler cette nuit. Olivier, le mari de Julie et leur fille Romy arrivent quelques instants plus tard, de retour d’un anniversaire familial. Ensemble, nous allons sécuriser le parc dans lequel il y a des ifs, toxiques pour Honoré. Bien qu’il a de l’herbe a volonté, je ne veux pas prendre de risque. Il est temps de se reposer, la journée a été longue. Le couple attend le petit frère ou la petite sœur pour cet été, souhaitons leur tout le bonheur du monde. En attendant je suis super bien reçu. Julie travaille dans l’événementiel sportif et Olivier dans la médecine nucléaire (mais pas en tant que médecin). Anciens parisiens, ils ont choisi le calme d’une ancienne maison forestière pour élever leurs enfants. La maison, située au cœur d’une clairière, est magnifiquement rénovée et confortable, la nature et les animaux y ont une place importante.

Ânes Victoires

Honoré et moi faisons donc une pause chez Ânes Victoires, de la chaîne Youtube du même nom. Les deux frangines sont super accueillantes comme leurs parents, frangin, copains… Bref des gens adorables. Merci pour cet accueil chaleureux. Et merci a Marie-Anne pour les soins au genou qui va très vite de mieux en mieux. Anne et Victoire sont aussi souriantes et dynamiques que sur leurs vidéos et leur générosité n’a d’égal que leur sourire permanent. Les journées sont rythmées par les animaux qui apportent en retour leur tendresse et leurs mimiques attestant de leur bien-être.
J’ai rendez-vous avec un journaliste d’un grand magazine et en lui indiquant l’adresse et chez qui je suis, sa curiosité l’amène à chercher qui est derrière la chaîne Ânes Victoires et propose de faire un reportage sur elles aussi. Whaou je suis super content pour elles et leur association qui seront mis à l’honneur ! Ce sera donc une journée chargée, photos et interviews. Mais le photographe journaliste sait mettre à l’aise et c’est avec beaucoup d’humanité qu’il oriente ses questions et compose ses photos. J’ai hâte de voir et lire le résultat de cette magnifique journée, encore une fois caractérisée par des synchronicités incroyables. Lors de la séance photo, on croise une famille qui se promène avec un sac et ramasse les déchets sur le chemin. Décidément, on n’est pas là pour rien. La journée se termine, tout le monde est ravi mais épuisé.
Il va être temps de penser au départ mais la météo montre que la pause n’est pas assez longue. Une tempête dans le nord de la France apporte du vent et de la pluie et pour les quelques jours qui viennent, le temps est trop instable pour reprendre la route. Soit, Honoré est en bonne compagnie et à l’abri, je suis accueilli comme un prince alors aucune objection à faire durer ce plaisir. D’autant que samedi c’est la première assemblée générale de l’association Ânes Victoires, je suis trop fier de pouvoir y assister.
Alors qu’Anne et Victoire offrent le pot de l’amitié au pré au milieu des ânes après l’AG, je reçois un message de France 3 Picardie qui me demande s’ils peuvent venir faire un reportage le lendemain, le dimanche. J’accepte avec plaisir j’espère bien pouvoir en profiter pour remercier les filles de leur superbe accueil. Je transmets au journaliste mon numéro de téléphone, il me rappelle dans la foulée, le rendez-vous est fixé au lendemain matin.
Tout est allé très vite, la journaliste et sa caméraman ont vite compris l’ambiance qui caractérisait la fine équipe. Nous sommes au journal de France 3 Picardie le soir même. C’est chez les parents d’Anne et Victoire que nous regardons le reportage, en famille. Un très joli reportage bref mais complet, qui nous a beaucoup touché. Nous prolongeons la soirée, agréable comme toujours, merci à toute la famille.
La météo ne veut toujours pas que nous partions, tant mieux, après cette semaine folle, une petite sieste fait un bien fou. Ça nous laisse le temps de contacter Stéphane qui lui aussi a fait le tour de France avec son âne Marius. Stéphane avait également fait une pause chez Ânes Victoires. Aujourd’hui sédentaire en mal de chemin, il est journaliste pour la web-radio Allô la planète, dans laquelle il m’avait invité en janvier dernier. Je vais faire quelques courses d’appoint avec Victoire pendant qu’Anne commence le montage du weekly vlog. On se prend de quoi faire notre dernier apéro ensemble, il faut profiter de ces deniers instants au maximum. Nous sommes émus tous les trois mais nous profitons à fond des dernières rigolades et les projets pour se retrouver plus tard se dessinent.
L’heure du départ arrive. Le temps est brumeux, comme nos yeux. C’est vraiment difficile de quitter un endroit où on se sent aussi bien avec des gens aussi adorables qu’Anne, Victoire, Damien et toute la famille. Je sais que ce n’est qu’un au revoir, cette semaine est née une grande amitié. Merci la vie pour ces rencontres magiques. Merci les filles pour votre accueil, vos conseils et d’avoir permis à Honoré de passer ces passerelles. Merci !

Oise

Il est temps de vous parler de ma pause. Je suis Aux Marais, charmante bourgade à l’Ouest de Beauvais, qui accueille chaque année une grande fête de l’âne (https://www.auxmaraisfetelaneetlestraditions.fr/) et ce soir c’est moi qui suis à la fête. J’ai reçu un accueil hyper chaleureux, les organisateurs sont venus m’accueillir avec champagne et gâteaux apéro, canapés. Le grand luxe. Et que des gens charmants, une soirée hyper agréable. Je profite de la journée pluvieuse pour aller visiter Beauvais et laisser mon compagnon aux grandes oreilles dans la cour de la mairie. Les enfants du centre aéré sont venus le caresser, il était tout content. Je fais à mon tour une journée de repos puis on reprend la route.
Il y a beaucoup de vent sur les plateaux, comme d’habitude. Beaucoup de déchets aux alentours des grandes villes, comme d’habitude. D’ailleurs je ne ramasse pas tellement il y en a, ce sont des camions entiers qui sont vidés au bord des chemins. Et on peut trouver de tout, du soutien gorge aux plaquettes de méthamphétamines. Bref je n’y touche pas. Le soir je galère un peu à trouver un bivouac, finalement je croise une voisine d’un adjoint qui me donne son numéro. La femme de ce dernier appel la maire du village qui me propose deux adresses. Je m’y rends mais aucune réponse. Je fais donc demi-tour rappelle l’épouse de l’adjoint pour demander qu’on m’ouvre la cour de la mairie mais elle me propose une l’ultime solution dans une ferme toute proche. Guillaume me propose spontanément de m’installer à côté de sa stabulation et sa maman m’offre une terrine de sanglier maison. Le lendemain matin, Guillaume m’offre un bon café bien chaud et la conversation s’étend un petit peu, c’est agréable. Aujourd’hui encore c’est le vent qui domine et les sols toujours humides et sont difficiles à pratiquer. C’est dimanche il est compliqué de trouver un bivouac. Je sonne, quand il y a des sonnettes, mais bien souvent personne ne répond. Pourtant les voitures sont dans la cour et les gens derrière les rideaux. On approche de la région parisienne et on sent bien que les habitants ne sont pas très ouverts aux étrangers. Je fini par m’installer sur un terrain vague et très rapidement Marie-Jeanne, alertée par son chien, viens me demander ce que je fais là. Je lui explique que je n’ai trouvé personne capable de m’informer d’un terrain communal ou du nom d’un élu. Elle appelle donc sa voisine, justement conseillère municipale. Monique et Pierre viennent donc eux aussi à ma rencontre et rapidement ils se rendent compte que je ne suis pas un voyou, ils me proposent de dîner avec eux. Le campement était déjà monté mais dans la friche. Marie-Jeanne me propose finalement son terrain et tout le monde participe au déménagement. Merci de cet accueil qui me réconforte avec la banlieue parisienne.
Aujourd’hui je pousse un peu Honoré. Il tique un peu mais finalement joue le jeu. C’est que la météo annoncée n’est pas terrible et je voudrais arriver le plus près possible de Chantilly. Parce qu’on y a rendez-vous, certains l’ont deviné, avec Ânes Victoires de la chaîne Youtube https://youtube.com/c/%C3%82nesVictoires Évidemment, je vous ferais un retour de notre séjour chez les filles. Mais en attendant, pour ce soir, je ne prend pas de risque avec la pluie et appelle la mairi de St Leu. La secrétaire de mairie appelle le gérant de la base de loisirs qui propose de nous accueillir si Honoré est vacciné. Lui, oui ! Alors ça marche. Demain c’est le grand jour, la rencontre avec Ânes Victoires. Il n’y a pas beaucoup d’herbe, le gérant donne du granulé, mais Honoré ne connais pas ce truc… Bref il se sustente comme il peut.
Le matin on m’apporte un café, on papote un peu, mais moi je suis impatient de partir. Tellement impatient que je manque de vigilance et arrivé près du pont qui traverse l’Oise, une mobylette effraye Honoré. Je tente de sécuriser mais le gamin accélère, une voiture, encore plus pressé, me double et m’accroche, c’est la chute. Je me relève aussi vite que possible pour rassurer Honoré déjà arrêté, j’ai mal partout mais surtout à un genou. Je boite mais il faut avancer et passer ce pont. Le chemin que j’avais prévu est barré, je dois trouver un plan B, mais pas au milieu de cette circulation. J’appelle Anne qui devait venir nous rejoindre qu’on ne sera pas sur le parcours prévu. Pendant ce temps Véro m’appelle pour me dire que Titus (le copain de prairie d’Honoré à la maison) ne va pas bien. Quelle journée de merde. Mais je positive, Honoré est sage ça me soulage. Et enfin, dans la forêt, j’aperçois au loin Anne et Pépita qui viennent nous accueillir. C’est vraiment génial qu’elles viennent nous accueillir, je suis touché. De suivre sa chaîne Youtube, j’ai l’impression qu’on se connait depuis toujours. La positivité permanente d’Anne et Victoire est contagieuse, et ça tombe bien, aujourd’hui j’ai besoin de ça. Je suis même invité à dîner chez leurs parents, aussi agréables et accueillants que les filles. Merci pour cette bienveillance 😊
PS : je publie toujours avec quelques jours de retard sur le trajet réel, ne soyez pas surpris d’avoir déjà entendu parler de nous sur les réseaux sociaux à Chantilly 😉

Cherche pause

Ce matin je prends mon café chez Christine et Bruno avant de reprendre la route sur des petits chemins toujours boueux, mais vallonnés. Et je reçois un appel d’Isabelle, éleveuse de chèvres, celle qui m’a formé au métier, et qui m’annonce vouloir faire bouger les choses faces aux injustices de notre société, les divisions qui nous opposent, les restrictions qu’on nous impose. À tel point qu’elle s’engage dans la course présidentielle. Allez voir sa chaîne Youtube (https://youtu.be/8XbHNWyBSPg). Bref, dans la discussion je n’ai pas regardé la carte et fais un détour. Je rattrape mon chemin et me souviens que Bruno m’a suggéré de prendre mon pain à Beauvoir-en-Lyons car le prochain commerce sera loin. Mais il est 15 heures et la boulangerie rouvre à 15h30. Qu’à cela ne tienne, j’attrape le cantonnier au passage, lui indique que je cherche à joindre le maire pour un bivouac. Il va le chercher mais entre temps, une dame (j’ai oublié de lui demander son nom) s’arrête et me propose un hébergement. Son mari Bruno, fan des ânes, me conduit dans sa ferme à quelques centaines de mètres de là. Il y a des anesses et une jument, mais Honoré restera dans un parc à part, il a peur de la jument. Moi j’ai une petite maison avec la cheminée, de l’eau chaude, une chambre… Le confort total. Et en plus on m’offre un Neuchâtel, fromage local et des endives au jambon pour le repas du soir. Je profite du repos pour recharger le téléphone, faire ma lessive et consulter la météo. Dimanche il va pleuvoir 6 mm et le vent soufflera à 85 km/h. Il faut que je trouve un abri. Je calcule où je serais et contacte le maire qui me rappelle et me propose l’ancien presbytère. Toutefois j’hésite à rester où je suis. Je suis à l’abri, en sécurité, Honoré aussi… Mais je dois passer à Songeons récupérer ma boucle de ceinture commandée chez Déco cuir et je dois aller dans un petit village qui organise un festival autour des ânes et qui se trouve près de Beauvais. J’en reparlerai plus tard. Malgré que j’ai grand besoin d’une bonne pause, je dois prendre la route, tant pi pour ce joli coin.
Aujourd’hui est une journée particulière, on quitte la Normandie, on entre en Picardie. Pas de changement radical au niveau climat, la Normandie nous dit au revoir avec quelques gouttes et du vent. Ce soir ce sera bivouac près d’une salle des fêtes. Au matin le maire et son épouse m’apportent le café et des madeleines. J’adore ce voyage et ces rencontres incroyables. Il a bien gelé cette nuit, il y a du verglas sur la route, Honoré n’a pas l’habitude, c’est amusant. Je vais au plus court pour Songeons, quitte à faire de la route. J’appelle le maire pour prévenir de mon arrivée, il me donne rendez-vous devant le magasin Gamm Vert où je suis rejoint par son adjoint Didier. Finalement au vu de mon parcours, au lieu de me conduire au presbytère, il appelle Thérèse et Michel à qui il demande s’ils veulent bien m’héberger sur leur terrain. Ils acceptent immédiatement et nous nous mettons en route pour rejoindre leur maison. L’adjoint avait raison, ces gens sont charmants et nous avons beaucoup à échanger, et en plus il y a un grand terrain avec une cabane pour Honoré. Jean-Claude, le maire, vient nous rejoindre et me souhaiter la bienvenue sur sa commune. Quel accueil ! Ça commence bien la Picardie. L’après-midi le couple me conduit dans le bourg afin que je puisse faire mes courses complémentaires. La pluie peut tomber et le vent souffler, nous sommes à l’abri et en sécurité. À cause de réorganisation des services de La Poste, celle-ci est fermée et mon colis qui devait arriver jeudi n’est toujours pas là. Je dois attendre mardi. En attendant, Thérèse et Michel m’ont prêté un livre qu’ils ont rédigé pendant le confinement. Le couple y relate de nombreuses anecdotes sur leur jeunesse, leurs parcours d’étudiants, de service militaire pour Michel, leur rencontre aux rendez-vous des jeunesses catholiques agricoles, leurs parcours professionnels et quelques histoires de familles. « Avec cette pandémie, nous avions peur de ne pas pouvoir raconter tout ce que nous n’avons pas pris le temps d’évoquer avec nos enfants. Alors nous l’avons rassemblé dans ce livre qu’ils nous ont aidé à éditer » souligne Thérèse émue. C’est un joli souvenir que le couple laisse à sa famille et je suis touché qu’il me l’ai partagé.
Le vent a bien soufflé et il a bien plu, mais nous étions à l’abri. La poste est enfin ouverte et ma boucle de ceinture récupérée. En route pour ma prochaine pause.
Les chemins sont toujours glissants d’humidité, les dénivelés timides, mais présents. Il y a d’énormes ornières causées par les quads et motos qui arpentent ces chemins. À tel point que plus bas, le maire a fait poser des barrières pour les empêcher de passer. Sauf que les ânes non plus ne passent pas, même débâté. D’ailleurs même moi avec mon sac à dos et le tapis de sol, je ne passe pas. Détour par la route et finalement c’est peut-être pas plus mal. Petite étape à cause des hernies discales, je m’arrête à Lhéraule, profitant que la mairie est ouverte (sans les barrières, je ne serais pas passé par là). C’est tellement rare en campagne ! La secrétaire de mairie appelle un adjoint qui propose le lavoir, mais j’étais attendu à la sortie par les riverains qui ont entendu Honoré s’impatienter le temps que j’étais dans la mairie. Finalement ils me proposent leur terrain avec beaucoup d’herbe et clôturé. Je prends ! Je profite du bivouac précoce pour regarder la carte. Ça n’a pas de sens de remonter vers Amiens, tant pi pour la cathédrale, je n’ai pas trouvé d’hébergement proche ni woofing, je couperais sûrement par Chantilly pour rattraper mon itinéraire initial. Tiens Chantilly, ça me fait penser à quelqu’un, enfin quelques unes plutôt… Je les contacte, si c’est possible, je passerais chez elles. Mais de qui est-ce que je peux bien parler ? Surprise !