Après cette série d’orages, il est temps de quitter ce camping très agréable. Le temps est encore lourd et ce matin on rattrape le canal de Bourgogne. On connaît bien maintenant les chemins de halage et à chaque fois je me remémore les régions traversées. Je suis sur le chemin de Compostelle toujours bien balisé, d’ailleurs je viens de remarquer que le balisage ressemble à un drapeau ukrainien à l’envers. Le temps est de plus en plus lourd, j’ai hâte d’arriver dans la forêt qui devrait m’apporter de la fraîcheur. Sauf qu’une barrière empêche d’emprunter le chemin. Pourtant sur la barrière il y a bien la coquille du chemin de Compostelle mais cette barrière couvre toute la largeur du chemin et impossible de la contourner ni de l’ouvrir. Nous sommes attaqués par les moucherons et les taons et obligés de faire demi-tour et d’emprunter le bitume. Du coup le détour m’aura permis de trouver un cimetière et faire le plein d’eau mais c’est 7 km en plus que ce que je voulais faire. Parce qu’après il faut traverser la forêt et les premières habitations sont assez loin. Je repère sur la carte une ferme, je m’en approche pour aller chercher un bivouac. Mais un type sort et me dit qu’ici c’est privé, qu’il faut aller voir plus loin. Il me montre une maison à côté, j’y vais, je suis accueilli par une religieuse mais qui vit en ermite et ne veut donc pas m’accueillir car il n’y a pas d’eau à l’extérieur. Elle me suggère de me rendre à l’abbaye de Cîteaux à deux ou trois kilomètres de là. De toute façon je ne peux pas aller plus loin je suis trop fatigué par cette chaleur, j’ai mal aux pieds, j’ai mal au dos, je suis épuisé. J’arrive à l’abbaye et rencontre le frère qui me propose un terrain qui conviendra parfaitement. J’installe le campement et je vais faire tamponner ma créanciale, le fameux passeport du pèlerin que j’oublie souvent au fond de ma poche. La nuit est calme, un couple d’Allemands bivouac là aussi et ils assistent à toutes les messes. Je profite de la soirée pour répondre au téléphone à Justine qui doit bientôt partir faire le tour de France avec son compagnon François et leurs ânes. Je suis ravi de pouvoir partager mon expérience, j’espère leur être utile et qui sait, nos chemins vont peut-être se croiser.
Le chemin du jour se présente mieux qu’hier, mais les kilomètres en plus sont là et c’est le dos qui trinque. Il y a toujours les déchets, comme d’habitude, ni plus, ni moins. Mais sur les routes je ne ramasse pas, ça roule trop vite et beaucoup ne respectent pas les distances de sécurité, voitures comme cyclistes par ailleurs. Je réduit l’allure et la distance. Un peu de bitume et de route circulante avant de rattraper le GR des grands crus. Vougeot, Vosne-Romanée… D’où est produit le fameux Romanée Conti, un des vins les plus cher de France. Et j’ai la chance de bivouaquer sur un charmant terrain communal et le maire m’apporte un échantillon de sa production. Ça fait bizarre de bivouaquer en dégustant un Romanée mais c’est aussi ça la la magie du chemin. Un correspondant du journal local « Le bien Public » vient à ma rencontre. Je repars tranquillement de mon bivouac direction Nuits-Saint-Georges, encore un grand cru, où je fais quelques courses d’appoint. La météo annonce de la pluie et des orages cette après-midi, je cherche rapidement un bivouac. L’adjoint au maire de Corgoloin me propose le terrain de sport. Les employés municipaux viennent m’ouvrir les vestiaires. Je peux prendre une douche, me raser, faire une lessive. J’assiste même à un double de tennis des anciens du village. Un chouette match entre copains, sans prétention, loin de Rolland Garros, en toute convivialité. Le premier adjoint vient à ma rencontre, nous échangeons longuement sur ma mission et ce soir il y a réunion du conseil municipal pendant laquelle il compte bien parler de notre périple. Et c’est ce qu’il a fait car ce matin Monsieur le Maire viens à son tour discuter avec moi.
Les deux élus me font la surprise de me remettre la médaille de la ville comme encouragement à mon engagement à propos des déchets. Autant vous dire que je suis très touché de cette attention et je remercie le conseil municipal de Corgoloin pour cet honneur. Les employés municipaux eux aussi sont repassés ce matin m’offrir une bouteille de production locale. Je suis gâté.
Je repars finalement assez tard en direction de Beaune. Le chemin pour y aller est essentiellement entouré de vignes et de châteaux. On sent clairement qu’on traverse une zone de vins prestigieux. Certaines voitures dans la cour des châteaux valent à elles seules le prix d’une petite ferme dans le Berry ou la Creuse. D’ailleurs, personnellement, je préférerais la ferme que la voiture. L’arrivée sur Beaune met fin à mon ramassage quotidien de déchets. L’entrée dans la ville se fait par une quatre voies qui amène d’un côté vers l’autoroute et de l’autre dans la ville. Autant dire que la circulation n’est pas propice au ramassage. Pour autant, une fois passé la zone circulante, la traversée de la ville se déroule plutôt bien. Mais impossible de traverser Beaune sans s’approcher des fameux hospices. Je suis un peu déçu car je pensais au moins pouvoir prendre une photo de la cour intérieure, mais elle est bien gardée et impossible de s’en approcher. Je poursuis donc la traversée de la ville et me mets à la recherche d’un bivouac. C’est à Pommard que je trouve grâce à la secrétaire de mairie et au Maire, un parc municipal qui peut m’accueillir. On me confie les clés des toilettes publiques qui me permettront d’avoir de l’eau à volonté.
En longeant ainsi les coteaux, je reste dans le vignes classées Grands Crus et marche au cœur de vins de prestige et des châteaux des propriétaires récoltants. Pour Honoré, c’est bien compliqué car il y a de l’herbe partout sur les bas-côtés et on ne peut pas faire de pause broute car tout est traité ou en cours de l’être. Nous sommes en conflit permanent, ce qui rend la marche bien difficile et douloureuse car il tir au renard pour aller se sustenter. De plus je pense qu’il aimerait bien pouvoir gambader, mais ça fait un petit moment que je suis obligé de le laisser attaché faute d’espace où il pourrait être en sécurité. Depuis que nous sommes partis de chez Coraline et Maxime, il est toujours en longe avec le licol.
La chaleur n’aide pas à le détendre et je cherche un bivouac de bonne heure. On vient d’entrer en Saône-et-Loire et dans le petit village de Remigny je croise un habitant et lui demande où je peux bivouaquer. Il réfléchit et interpelle deux dames qui distribuent des affiches pour le feu d’artifices du week-end prochain, dont Virginie, conseillère municipale, à qui il demande de m’accompagner. Spontanément, elle me conduit à son terrain où elle a des chevaux, l’homme se charge de poursuivre la distribution des affiches. Le terrain de Virginie est un petit paradis caché au cœur du village, mais où le chant des oiseaux règne. Même si le terrain est caché au bout d’un chemin, ma présence est vite divulguer et de nombreux villageois viennent me saluer en toute bienveillance. Honoré est heureux, il peut enfin gambader en toute liberté. Encore une preuve que sur le chemin, il suffit de demander pour qu’il nous apporte ce dont on a besoin. C’est la magie de Compostelle, mais aussi de tous les chemins et ce que l’on en fait, comment on les parcours. Plus tard Virginie revient avec un thermos de café et des bouteilles d’eau fraîches. Est-ce que j’ai déjà dit que je croise beaucoup de gens bienveillants ? Merci pour cette générosité et gentillesse 🤗
Tour de France
Tour de France avec l’âne Honoré pour ramasser les déchets.
Jura
Tout d’abord je voulais remercier le camping de Marnay pour leur accueil et le gentil article sur leur page Facebook https://www.facebook.com/321302574719050/posts/pfbid02gvkpdzXQych1ATJtvh5pVwWErQQTbtga6STQAh2T76ueJDxskoDX5Y2LaFqsxnR5l/ et aussi Décathlon Besançon pour leur article également et aussi pour leur accueil et les conseils https://www.facebook.com/384187498284828/posts/pfbid02rB61bJ2cCZh4Kcjae6zLNeRwrtRUzL1Sn3H81wcxd2ctCzcEaXG8A7Zvt1JKq3qJl/
Et puisque je vous parle de Décathlon je voudrais aussi faire un point sur le matériel que j’ai renouvelé grâce à vos dons sur la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane. À commencer par le sac à dos que j’avais déjà depuis longtemps avant le Tour de France. Cette fois-ci j’ai opté pour un sac à dos plus grand qui contient 70 + 10 litres. C’est le modèle MT 900 symbium. Ce sac à dos, bien que bien plus grand que le précédent qui contenait tout de même 50 + 10 litres, offre une bien meilleure portabilité, ce qui me permet de délester Honoré de quelques gros volumes, sans avoir l’impression d’avoir du poids supplémentaire. C’est important car ce volume provoquait un ballant qui avait tendance à faire bouger le bât dans les forts dénivelés. Ce sac semble plutôt robuste, bien équipé et avec de nombreux réglages. On verra dans le temps mais pour l’instant je suis plutôt satisfait. D’autant que Decathlon me l’a offert (merci beaucoup 😉). J’ai changé les deux t-shirt qui étaient complètement usés. Il faut dire que je les mets alternativement tous les jours depuis un an et que le lavage à la main est bien moins délicat que celui de la machine, surtout l’essorage. Ce sont les modèles Quechua NH-550 Fresh qui ont la particularité d’être très léger et de sécher très rapidement. En plus ils sont conçus à partir de matériaux recyclés ce qui correspond parfaitement à mon éthique. J’ai également changé les pantalons dont les fermetures commençaient à être capricieuses, mais surtout ils n’étaient plus à ma taille. J’ai choisi les pantalons modulables de trek en montagne, le modèle Trek 500. Ils ont aussi l’avantage d’être léger respirant et de sécher vite. La matière les rend facile à laver. J’ai changé aussi mon oreiller, celui que j’avais choisi à la base était un oreiller de camping premier prix, mais la valve n’a pas tenu le gonflage et dégonflage quotidien. Le nouveau semble bien plus résistant avec une valve adaptée. C’est l’oreiller de trekking gonflable MT500. Puis j’ai changé de matelas j’ai repris le même modèle que le précédent dont j’étais pleinement satisfait mais que j’ai percé par mégarde, c’est le matelas auto gonflant de trekking MT500. J’avais choisi ce modèle là avec le conseiller du magasin de Vichy, non pas parce qu’il était le plus léger mais parce qu’il offrait la meilleure isolation au sol, ce qui est important plus l’hiver que l’été, mais quand même, on n’est pas arrivé. Et pour Honoré j’ai repris une frontale anti-mouche, car les scratchs de l’actuel commencent à montrer des signes de fatigue, et un fourreau de licol pour éviter les frottements avec la frontale. J’ai également profité d’être à Décathlon pour reprendre une bouteille de gaz, les bouteilles bleues sont moins pratique surtout si on fait un peu d’altitude. Voilà pour la présentation du matériel merci à vous d’y avoir participé. Si vous avez des questions, ça pourra faire l’objet d’un nouveau post dédié au matériel.
Retour maintenant au voyage ! Coraline et Maxime m’ont offert un bon pain de campagne délicieux et une terrine de leur fabrication, à tomber par terre. Je pars assez tard de chez eux mais c’était une pause tellement agréable encore une fois. Je voyais encore leur maison quand la pluie a commencé à tomber. Tranquillement je mets les vêtements de pluie en me disant que ça n’allait pas durer. Mais c’est bien une série de petits orages qui ont ponctué cette première demi-journée de marche. Honoré est chiant, il n’aime pas l’orage et moi j’ai dû accélérer le pas. La prochaine pause d’une semaine sera chez Marion à qui j’ai vendu mes chèvres. J’ai hâte de la revoir et aussi les biquettes. Et puis j’ai tellement de projet en tête… Il faut que je me calme. Entre deux averses j’appelle la mairie de Gredisan pour trouver un bivouac. Le maire me rappelle dans l’après-midi, en arrivant il m’offre un café et me conduit dans un pré sur les hauteurs du village, avec vue sur le Mont Blanc. Plus tard il me rappelle et me propose de passer dans sa cave pour une petite dégustation. L’édile entretien des vignes avec lesquels il fait quelques vins en amateur averti, et qui sont plutôt agréables et d’une qualité bien suffisante pour un apéritif convivial. Bref encore un moment magique et très agréable offert par le chemin.
Ce matin c’est la pluie qui me réveille, les averses se succèdent et laissent finalement place à l’orage. Il fait lourd, le temps est très désagréable, gris, venteux, quelques gouttes… Le chemin de Compostelle par ici est plutôt bien balisé et me conduit vers le sanctuaire de Notre-Dame-de-Rolland, un bel édifice et probablement toute une vie monastère autour. L’endroit est aménagé pour le pique-nique, j’en profite pour faire la pause. Mais les nuages laissent place au soleil et très vite je cuis et dois me réfugier à l’ombre.
J’arrive en Côte-d’Or. L’après-midi est bien moins agréable avec la traversée d’autoroutes et de nationales, beaucoup de bitume donc et sous une chaleur orageuse écrasante. J’arrive à Saint-Seine-en-Bâche et monte le campement comme proposé par Madame la Maire. Mais soudain le ciel devient noir et le voisin, qui m’avait proposé de l’eau pour Honoré, m’invite à venir dormir chez lui. Enfin c’est plus un ordre qu’une invitation, le ciel lui fait peur et il ne veut pas que je reste dehors. Impossible pour moi de laisser Honoré seul, Tice (diminutif de Patrice) m’aide avec son ami Christian à déplacer le campement et Honoré dans son hangar. Une fois le premier orage passé, il m’invite à boire un petit rosé et me propose d’appeler son neveu pour demain, la météo ne sera pas meilleur et il tient un camping à Saint-Jean-de-Losne, à une dizaine de kilomètres d’ici, je pourrais y être en sécurité ainsi que mon compagnon aux grandes oreilles. C’est que je voulais avancer un peu moi ! Mais il a sûrement raison, la nuit porte conseil, je confirmerai au café demain matin.
La nuit à été mouvementée avec les orages, beaucoup de pluie, un peu de vent, quelques grêlons. Mais aucun dégât. La météo annonce pire, j’accepte la proposition de camping, inutile de prendre des risques. Moi qui voulait accélérer la marche parce que j’ai des projets plein la tête, je dois à nouveau me remettre en question et au contraire, ralentir ma progression. Soit !
Le camping est presque complet en ce week-end férié. Je suis accueilli en plein service par Ludo, le neveu de Tice et la serveuse prend le temps de m’offrir un verre d’eau. Gentille attention avec cette chaleur, ça me fait un bien fou. Merci au camping https://www.campinglesherlequins.fr pour l’accueil, j’ai pu traverser les orages en toute sécurité 😉Je monte le campement, profite qu’Honoré est en sécurité pour aller faire quelques courses afin de varier mes repas pendant cette pause imposée. Ensuite une bonne douche, avec ce temps je colle de partout, puis je fais ma lessive qui sèche super vite avec ce soleil de plomb. Honoré a accès à un parc où il y a de l’herbe haute, mais trop loin de moi, il appelle sans arrêt. Je le rapatrie à mes côtés, il brai encore. Je suis vigilant et barricades l’emplacement, sur celui voisin il y a un érable sycomore, toxique pour mon animal de compagnie. Je ramasse les plantules et prie pour que le vent n’en ramène pas cette nuit. Merci Sylvain, tu vois, je pense bien à toi quand j’installe le campement.
La pluie et les orages sont arrivés plus tard que prévu et ont été bien moins violents qu’annoncé. Tant mieux pour nous mais aussi pour les agriculteurs, jardiniers et tous ceux qui travaillent dehors toute l’année. Je sais que chez moi les dégâts ont été importants. C’est toujours triste de penser au travail souvent fastidieux notamment des vignerons et qu’en seulement une averse de grêle peux détruire tout ce travail. Je ne sais pas si les vignes ont été touchées mais je sais que Vichy à pris cher. Je vais profiter de cette journée de repos.
Doubs
Aujourd’hui la mission est de traverser Besançon. Au niveau du dénivelé ça va être tout plat, on commence par une portion de route où il y a peu de circulation, mais ça roule vite. Ensuite c’est la vélo route sur le chemin de halage, ça on a l’habitude, c’est pas notre première fois. En revanche c’est la première fois qu’on emprunte un long tunnel ! Sur environ 200 m, on passe sous la citadelle dans un tunnel un petit peu éclairé avec à droite le canal, et nous marchons sur la piste cyclable. Ça résonne, Honoré a les oreilles bien tendues, s’arrête quand on croise des vélos qui l’éblouissent avec leur lumière, mais ne se laisse pas impressionner. Ça passe tout seul, Honoré est vraiment un âne qui passe partout (enfin presque). Le reste de la traversée se déroule tranquillement, d’autant qu’on ne voit pas grand-chose de la ville en longeant le Doubs. Une dame s’arrête avec son vélo, elle a repéré ma coquille et l’année prochaine c’est la retraite. Elle hésite à partir sur Compostelle. Je la rassure en lui disant toute la bienveillance que le chemin peut apporter et les belles rencontres. Touchée par notre démarche, d’autant que son fils a lui aussi entrepris une itinérance et a lui aussi remarqué la bienveillance des hommes, elle tient à participer à notre cagnotte (Leetchi.com/c/tdfane) et me glisse un billet. Je suis très touché, j’en dépenserai une partie demain en m’offrant un éclair au chocolat sur lequel je mettrai la bougie de notre premier anniversaire de marche. L’après-midi se déroule bien sous la chaleur mais dans un magnifique paysage. Je cherche tôt un bivouac que je trouve en face chez Jean-Lou et Martine. Ils s’occupent de prévenir la propriétaire qui est OK et le couple m’invite à prendre une douche, l’apéro et dîner. Encore une belle surprise du chemin et une belle rencontre.
Voilà ça fait un an qu’on marche. Dès le départ j’ai compris que je devais lâcher prise sous peine de galères en perspective. J’ai compris que je devais laisser le chemin me guider. Moi qui aime bien tout organiser je dois laisser une place à l’improviste et profiter des surprises du chemin.
Ce matin, je me dépêche d’aller à la boulangerie chercher mon pain et mon éclair au chocolat d’anniversaire. Je laisse Honoré au pré, j’irai plus vite. À mon retour, Martine et Jean-Lou m’attendent pour le café avant de plier la tente et reprendre la route.
Le chemin reprend un peu de dénivelés, mais rien d’impressionnant. Heureusement je passe par une zone industrielle près de laquelle il y a des poubelles qui me permettent de vider la mienne. Ici les poubelles de déchets ménagers sont facturées au poids. Il n’y a donc pas de bennes collectives et les particuliers les gardent bien au chaud chez eux. Je fais la pause de midi près de centre culturel de Serre-les-Sapins et comme prévu, je fais le selfie d’anniversaire. Finalement c’est un moment de solitude et d’émotion, je ne m’attendais pas à ça… Honoré me propose même de faire un selfie en mode sieste, c’était amusant. Quelques minutes après la pause, nous sommes interpellés par une famille qui souhaite l’anniversaire groupé de plusieurs enfants. Alors on boit un coup avec eux et on fait une photo souvenir. Honoré à même son dessin d’anniversaire offert par Alice, Olivia et Émilia. Puis nous rattrapons le chemin de Compostelle que nous suivrons les semaines à venir. Une nouvelle fois, on bivouac près d’un lavoir. Le réseau est capricieux, le paysage vallonné y est pour beaucoup. Obligé de grimper en haut du village pour répondre à vos nombreux messages qui me font toujours autant plaisir.
Aujourd’hui le chemin est plus compliqué, des chemins mal repérés, certains même cultivés ou pâturés m’obligent à faire de nombreux détours. Ce soir je voulais bivouaquer sur un terrain communal mais il y a un arrêté municipal qui l’interdit pour privilégier le camping. Bon ça faisait longtemps, j’y vais. Les jeunes animateurs du camping sont touchés par ma démarche et préparent un article pour leur page Facebook Woka Marnay et leur site https://camping-vertlagon.com/ Une petite pause bien agréable dans un cadre calme et un environnement verdoyant.
Mais je dois repartir car c’est chez Coraline et Maxime que je dois faire ma pause hebdomadaire. Coraline a une jument et un âne qui tiendront compagnie à Honoré. Elle est aussi fan de Âne Victoires. Leur chaîne Youtube lui a beaucoup apporté pour savoir prendre soin d’Anatole, son petit âne de Provence. Coraline et Maxime sont étudiants et sont au petit soin pour moi. C’est Maxime qui m’emmène à Decathlon Besançon pour faire mon réapprovisionnement. Depuis un an je suis entièrement habillé par Decathlon et il est temps de renouveler les vêtements. Le matelas aussi a souffert et le sac à dos menace de me lâcher. J’ai reçu un superbe accueil dans ce Decathlonhttps://www.facebook.com/decathlon.besancon/ D’ailleurs dans un prochain post je ferai un récapitulatif du matériel avec mon avis d’utilisateur. Et franchement le matériel Decathlon, ça tient le coup. Merci à Coraline et Maxime pour leur accueil, leur générosité et leur gentillesse 🤗
Franche Comté
Tous les départs d’après pause depuis le début de ce Tour de France, ont été difficiles. Mais celui-ci est au moins aussi difficile que celui de chez Âne Victoire ou chez Charlotte de Aux ânes etc… Et je pense aussi à Louis et Olivier et à Rébecca. C’est toujours un moment où les émotions sont fortes, probablement amplifiées par la magie du chemin. Et comme à chaque reprise, Honoré me test et ce matin j’ai le droit à la totale : on double à gauche et même par la droite au lieu de rester sagement derrière, on tire pour aller brouter, on s’arrête pour faire semblant de se gratter, on accélère au moment de s’arrêter et on s’arrête au milieu de la route quand une voiture arrive. Bref, je sais que j’en ai pour deux ou trois jours.
Après avoir traversé la Bretagne et la Normandie, pays du beurre et de la crème fraîche, l’Alsace et son Munster, j’arrive au pays du Gruyère. Et je me rend compte que j’ai mal calculé mon coup, je vais arriver dans la région de la raclette en plein été. Heureusement qu’ensuite je ferais un crochet par le pays de l’Aligot, du Cantal et du Saint Nectaire, pour ça y’a pas de saison. Les gens ici sont vraiment accueillants, en passant devant une maison, on m’invite à m’installer dans le jardin. Il est trop tôt pour le bivouac, mais pour pique-niquer ce sera parfait. J’ai même une part de tarte aux pommes et des fraises du jardin. Beaucoup de route pour ce jour de reprise, quelques déchets aussi, même si ce sont des petites routes. J’appelle la mairie de Moimay, ce soir je bivouac près de l’Église. Je fais juste attention à planter la tente devant le buis.
Pour cette deuxième journée après la reprise, nous commençons par devoir traverser deux passerelles en bois, de celles qu’Honoré redoute habituellement. Après seulement cinq minutes de négociations, il franchit la première et ho surprise, il ne ralenti même pas pour passer la seconde. Plus loin deux autres passerelles, plus longues, plus hautes et avec de l’eau en dessous… Hé ben pas de problème, Honoré les passe fièrement. Enfin, c’est moi qui suis fier de lui. Je regarde la carte pour viser dans quel coin bivouaquer, il y a quelques petits villages mais éloignés. J’appelle la mairie d’un village qui me semble dans la limite du kilométrage possible et je tombe sur le portable de Baptiste, le maire qui me propose de bivouaquer chez lui. Rendez-vous est pris, ouf, pas de bivouac à chercher ce soir, y’a plus qu’à marcher. De plus en plus souvent j’anticipe les bivouacs, d’autant que les petites mairies ne sont ouvertes que quelques heures par jour, le matin ou l’après-midi. Les paysages sont magnifiques et je découvre qu’une partie du chemin emprunté aujourd’hui, est également une portion d’un chemin de Compostelle. Il y a de beaux dénivelés, notamment la sortie de Rougemont, une côte qui fait bien mal au genou. Heureusement avant la montée, un couple a rempli les gourdes et offre une bassine d’eau à Honoré. D’en haut je regarde le panorama qui est splendide et duquel il serait possible de voir la ferme de Valérie Alain, avec de bonnes jumelles. Valérie et Alain sont des gens d’une telle gentillesse qu’on ne peux pas les oublier. J’aurais donc bien profité de la jolie vue tout la journée avant d’arriver chez Baptiste et Nadège à Huanne. Promis il n’y a pas de faute, ça c’est s’écrit bien comme ça, c’est bien en France et pas en Chine, c’est dans le Doubs et je n’ai pas vu de pangollin. Et comme je suis dans une période de chance, Baptiste est aussi cuisto et m’invite à dîner. Une soirée très agréable encore une fois autour d’un bon repas et d’un bon verre.
Aujourd’hui encore, les paysages qui s’offrent à nous sont magnifiques. Les foins sont commencés et dégagent une bonne odeur de miel qui présage une bonne récolte. Une famille me propose un bivouac mais il est trop tôt, il faut que j’avance encore un peu. Finalement je tarde à trouver, du coup j’intercepte les gendarmes pour leur demander conseil (c’est toujours drôle d’arrêter les gendarmes ). Je me dirige donc vers un vieux lavoir dans lequel il y a de l’eau bien fraîche et bien clair, qui sera parfaite pour la toilette et la lessive. Honoré a de la bonne herbe, mais il la souille parce qu’on est à côté d’une ferme laitière et la traite est terminée. Voir une quarantaine de vache passer si près de lui sans clôture, ça lui a fait peur. Et pareil pour la traite matinale au retour du pré. Bon ceci dit, il y avait largement assez à manger pour la nuit.
L’étape du jour est encore très jolie et assez vallonnée. Je fais un petit crochet pour aller chercher du pain puis retour vers le chemin, enfin ce qu’il en reste, j’ai de l’herbe presque sous les bras… Il y a beaucoup de versions du chemin de Compostelle par ici, on en quitte un, on en trouve une autre. Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome (ou à Compostelle) ? Après la dernière grande montée on fait une pause broute pour Honoré et pique-nique pour moi et même sieste pour tous les deux. La descente est longue et douce et nous conduit vers le Doubs. Rapidement on retrouve la civilisation et une jeune fille et sa maman nous invitent à bivouaquer. Mais il est trop tôt, et surtout le problème se posera demain pour trouver un bivouac. En effet demain il faudra traverser Besançon. Il y a une bonne vingtaine de kilomètres à parcourir pendant lesquels il sera difficile à trouver un bivouac. On a quand même pris le temps de papoter, à côté on prépare le marché du soir et on nous offre de l’eau, puis nous reprenons notre chemin. Maintenant c’est tout plat on longe le Doubs sur un chemin de halage. Ça nous rappelle plein de souvenirs. Ce soir le bivouac sera dans la cour d’une ferme de charolaise. Mais il y a une clôture, Honoré n’a pas peur et nargue même les vaches en se roulant par terre.
Pause Francomtoise
Je suis en pause à la ferme pédagogique de Château Gaillard (https://www.facebook.com/chateaugaillard.genevreuille/) chez Valérie et Alain.
Alain est scieur de long et possède une scierie mobile avec laquelle il arpente les routes de sa région pour débiter le bois qu’il abat également.
Valérie est agricultrice et AESH (Aide auprès d’Enfants en Situation de Handicap) dans un collège. Elle accueille des enfants des IME dans sa ferme afin de les aider dans leurs pathologies à atteindre des objectifs évalués avec une équipe pédagogique et/ou les éducateurs qui les suits. Elle intervient également auprès d’EHPAD dans lesquels elle apporte paradoxalement un peu d’humanité grâce aux animaux. Même si c’est une activité professionnelle, le sourire sur les visages, le plaisir d’aller promener le chien ou juste le papouiller, caresser le lapin, la chevrette, les poules, les petits poussins… Réveillent tellement de souvenirs chez nos anciens qui changent de comportement en s’ouvrant spontanément. Quel cadeau ! Et cette générosité, cet amour des animaux et de l’humanité, ce profond respect de l’environnement et de l’agriculture biologique ! Quelle belle leçon. J’ai eu la chance de pouvoir accompagner Valérie lors de ses animations, merci pour cette découverte.
Je pensais m’arrêter là quelques jours, le temps d’entretenir le harnachement d’Honoré et les sacoches. Mais déjà en arrivant et en découvrant la vue et la nature préservée du lieu, j’ai compris qu’il allait être difficile de partir d’ici. Mais si le chemin m’a conduit ici, il y a bien une raison. Alors je lâche prise et laisse faire le temps.
Au lieu de quelques jours, j’aurais passé deux semaines à la ferme à faire du wwoofing et de belles rencontres. De ces rencontres qui font se remettre en question. Ça fait partie de l’aventure je suppose. Il est temps de repartir mais la météo en a décidé autrement… soit, je ne suis plus à une journée !
Les courses sont faites pour repartir et ici je découvre un appareil que permet de consigner les bouteilles plastiques et les bouchons, contre des bons d’achats dans la grande surface. J’en avais déjà entendu parler pour certains SuperU, ici c’est Leclerc, mais le principe est le même. Cela confirme que c’est possible, que ça existe et que ce n’est pas un énorme investissement, sinon la grande distribution ne placerait pas un Euro dans ce projet. C’est bon pour porter notre projet de loi. Mais les sessions parlementaires sont closes, suite après les élections…