Réunion paysanne

Le lendemain d’orage, le temps est toujours menaçant, d’autres sont annoncés. Justine me propose de rester une journée à l’abri. Elle a dû sentir mon inquiétude à partir avec ce temps. J’accepte avec plaisir en finissant la traite des chèvres avec elle. Et quelle bonne idée ! Ce jour là, une rencontre ADDEAR avait lieu chez elle. Une belle journée qui m’a permis de revoir Claire, l’alimatrice mais aussi Sigfried (j’étais passé chez lui en partant de chez Sandrine et Cédric mais il était absent). Une magnifique journée riche de rencontres et d’échanges. Mais j’y reviendrais… Nous avons également tous participé à la campagne de la Confédération Paysanne contre la nouvelle PAC qui met les paysans à poil. Bientôt les photos. Merci Justine pour l’accueil et la journée incroyable.

Le lendemain la météo est plus clémente et nous reprenons la route. Nous continuons notre ramassage de déchets et découvrons une déchetterie sauvage. Là on ne peut rien faire, mais on voit que le nettoyage est en cours. Le chemin est agréable, depuis Saint Amand, le balisage de Compostelle est bien suivi, pas besoin de carte. Enfin sauf pour faire demi-tour quand Honoré ne veut pas franchir un gué à cause du courant.

Notre chemin nous conduit au Châtelet où nous sommes appelés par les élèves de l’école maternelle. On s’arrête et j’explique notre « mission ». Les maîtresses saisissent l’opportunité pour mettre en place une séance pédagogique sur la nécessité de notre action pour l’environnement et les incivilités qui conduisent à ces actions. Après cette pause, il est temps de commencer à chercher un lieu de bivouac et c’est au village de potier « Les Archers », que nous trouvons notre point de chute. Notre premier accueil pèlerins et du coup, premier tempon sur la crédentiale.

Il a plu la nuit, la tente est encore humide mais il faut repartir,  nous sommes attendus chez Tim, maraîcher bio rencontré chez Justine, qui a proposé de nous accueillir. Encore une rencontre comme seul le chemin nous en réserve. Riche en échanges, d’expériences et d’anecdotes. Merci Céline et Tim, ainsi que leurs enfants, pour cette soirée très agréable.

Première étape urbaine

Alors que nous arrivons sur Saint Amand, Christiane et Armand sont venus nous saluer au lavoir du petit Marçais. Renconte trop brève d’amis qui me soutiennent depuis la première heure. Puis nous arrivons chez Marie-France et Christian, eux aussi soutiens depuis la naissance du projet. Nous arrivons tôt et déjeunons ensemble avant de monter la tente encore humide. La journée passe trop vite. Honoré dispose d’une grande pâture riche en herbe et en abris naturels pour se protéger des pluies. Avant de repartir Gwen, Flore et Élisabeth viennent nous saluer. Ça fait toujours chaud au cœur de recevoir un tel accueil et ça ne facilite pas le départ. Merci pour ces beaux moments. Mais l’étape sera courte, 7 km. Cependant c’est une étape de ville, on n’a jamais fait. On commence doucement le long du canal avant d’approcher du collège où l’animation urbaine commence. Tout se passe bien. Honoré montre quelques signes d’inquiétude au rond point de la route de Montluçon, embouteillé par la sortie du collège et la circulation de poids lourds. Mais tout se déroule assez bien.
Une petite pause pique nique au pieds du château de Montrond, puis nous retournons dans le brouhaha de la ville et la traversée du Cher. Le pont impressionne mon compagnon à grandes oreilles, mais ça passe. Trop tôt pour arriver sur notre bivouac, on passe faire un coucou à Alain avant de faire une pause dans le parc de la Loubière à Orval. Là nous sommes rejoins par Alexandra de  L’Écho Du Berry qui vient faire un reportage sur notre voyage. Je passe un peu de temps avec ma mère avant de reprendre la route, l’arrivée est proche. Nous sommes attendus par les parents de Stéphanie   et un amie qui nous accompagnent vers notre bivouac grand confort. Merci pour cet accueil rafraîchissant. Stéphanie nous rejoint et nous dînons ensemble. Mais je suis inquiet pour l’étape demain qui commence par la traversée de l’autoroute A71. Stéphanie qui a pratiqué longtemps l’équitation, propose de marcher avec nous le temps de passer cette épreuve. Je suis rassuré. Finalement tout c’est super bien passé. Nos chemins se séparent quelques kilomètres plus loin. Encore un aurevoir difficile. Merci pour ta patience.
Il fait chaud, les orages menacent. Je décide de m’arrêter de bonne heure afin de nous mettre à l’abri car la grêle est annoncée. Mais aucune réponse sur le chemin. Je poursuis jusqu’à un gué près d’un moulin. La cascade effraie cadichon qui fait demi-tour. Je ne peux pas lutter.
Nous sommes donc contraints à revenir sur Loye-sur-Arnon. Je rencontre enfin quelqu’un qui me dit de me rendre au magasin des 13 blés tenu notamment par Justine, éleveuse de chèvres dans le village. Je suis passé devant chez elle mais il n’y avait personne. À la boutique je rencontre Élois qui l’appelle. Elle m’attend. Ouf ! Mais l’orage monte, la pluie… Honoré ne comprend pas pourquoi je presse le pas. On arrive avant le déluge après 26 km sous la chaleur moite de l’orage.

Honoré à l’asinerie du Tremble

A Ainay-le-Château, nous avons emprunté le chemin des muletiers. Rien à voir avec celui du Puy-de-Dôme, enfin surtout au niveau des dénivelés. Le paysage est agréable, on a même vu des lièvres. Étape courte jusqu’à Braize où Honoré retourne chez lui. Nous passerons deux jours à  l’asinerie du Tremble. L’occasion de faire le point sur l’état de santé de mon compagnon qui se porte à merveille. Michel a pu constater que sa musculature permettrait de porter plus. Je vais pouvoir commencer à me décharger.
Sur les conseils de Michel, je renforce le licol que j’avais fabriqué trop léger au niveau de la solidité. Ses astuces avisées me permettent d’améliorer la fabrication et peaufiner les réglages du harnachement.

Le premier jour, Honoré et moi avons eu la visite de Francoise B.Wade Artiste-Peintre, adjointe au maire de Saint-Bonnet-Tronçais. Elle écrira un article sur notre passage sur la commune et le ramassage des déchets, dans le prochain bulletin municipal. J’insiste sur l’élevage de Michel sans qui nous n’aurions pas pu partir. D’abord parce que je n’aurais pas rencontré Honoré et parce que je n’aurais pas su m’en occuper.

Ces deux jours ont été bénéfiques mais il est temps de repartir. Encore une petite étape, après les racines d’Honoré, les miennes. On retourne à Coust pour une brève visite chez Dona et tata Kathy. Pas le temps de passer saluer tout le monde. Compliqué en semaine,  tout le monde travaille.

Merci à tous pour l’accueil et la bienveillance.

Je voulais aussi remercier Karine de ane-agile.com pour sa réactivité, qui m’a envoyé un nouveau tapis pour Honoré, reçu chez Michel à l’asinerie ainsi que Mahdi et Philippe de Caminoloc.com qui ont sauvé mes pieds avec l’envoie rapide de mes nouvelles Lowa.

Honoré chez les biquettes

L’étape de Cérilly à Ainay-le-Château s’annonçait longue, elle l’était d’autant plus qu’il faisait chaud (32°). Malgré la forêt de Tronçais à traverser à l’ombre, les derniers kilomètres au soleil et sur le bitume ont été difficiles. Mais l’accueil à la ferme de la berge par Charline, Amélie, Elsa et Léo, les enfants de Sandrine et Cédric, effaçait la douleur des pieds trempés de sueur.

Ils sont en plein dans les foins. Je sais la pression qui règne chez les agriculteurs à cette période clé de l’année. Rater les foins peut mettre en danger la saison de lactation des vaches et des chèvres. Ce qui serait une catastrophe surtout après ces dernières années de sécheresse. Tout naturellement je propose ma modeste contribution manuelle à mes amis que je n’avais pas vu depuis trop longtemps. Le soir même je viens aider à la traite des chèvres, histoire de voir si je n’ai pas trop perdu la main et me rappeler les bons souvenirs de ce métier qui me manque tant. Toute la famille participe, le travail avance rapidement, l’ambiance extraordinaire. Je me sent bien. Honoré aussi prend ses marques, découvre de plus près les biquettes. La cohabitation se passe bien. Même avec les chiens, les oies et tous les animaux de la ferme. Il se permet même de chasser ceux qui l’empêche de grignoter le foin des chèvres.

Sandrine et Cédric sont paysans bio et tiennent à faire des petites bottes de foin pour un meilleur stockage et pour réduire l’impact carbone du tracteur. Les petites bottes peuvent être transportées à la main ou sur la brouette alors qu’il faut le tracteur pour déplacer les balles rondes de 250 kg. J’alterne mon séjour woofing entre traite, foins et cuisine avec Charline. On s’entend bien tout les deux pour préparer le repas du midi qui doit nourrir toute la famille qui participe aux foins.

Le lendemain, Agnès et Matthieu, qui nous avaient donné de la paille bio, sont passés nous voir. Ils font partie du collectif de paysans bio qui a créé, avec Sandrine et Cédric mais aussi Céline et Sigfried, le magasin bio d’Ainay-le-Château.

Finalement, on reste sur la ferme quatre jours afin de pouvoir profiter du dimanche au calme. Sauf que le dimanche je l’ai passé aux urgences à cause d’une tique. Lundi dernier Cécile m’avait soigneusement enlevé l’intru de ma tête et désinfecté dans les règles (elle a suivi des études d’infirmière). Mais la bestiole a tout de même laissé ses traces et des ganglions douloureux associés à une fatigue intense (que je mettais sur le compte des foins et la chaleur) m’ont conduit à l’hôpital. J’ai été particulièrement touché que les enfants tiennent à m’accompagner. L’attente est longue mais je suis allongé sur un brancard sur lequel je dors jusqu’à l’arrivée du médecin. Diagnostic : maladie de Lyme. Super, me voilà avec un nouvel antibiotique pour 14 jours. Il n’y a plus qu’à espérer que la bactérie ne se soit pas trop développée.

Mais il est temps de repartir direction Braize le berceau de l’âne Bourbonnais d’où vient Honoré. Encore une fois le départ est difficile. Ce séjour m’aura profondément marqué. Léo m’accompagne avec son vélo. Merci à tous pour l’accueil, la générosité, le partage, la bienveillance… Du coup pas beaucoup de marche mais quand même des gestes pour l’environnement.

Nouvelle pause

Avec le retour des chaleurs, on s’offre une nouvelle pause. Au départ de Couleuvre, nous avons dû suivre la départementale. Sous le soleil, ce n’est pas le plus agréable mais de bonne heure, ça passe. D’autant qu’à peine entré dans la forêt, deux biches nous attendent sur le chemin. Malgré mes tentatives la photo ne rend rien, trop loin. Puis un cerf. Nous sommes gâtés. Rapidement nous arrivons à Valigny où je prévois de faire une pause. Des amis de longue date, Cécile, Norbert et Thiphaine nous attendent, Honoré a sa parcelle. Le confort. Petite promenade pour emmener vacciner les bébés Border. Honoré se retrouve seul pour la première fois. Mais ça fait du bien de ne pas marcher pour une fois. Ce repos est bénéfique et malgré que je suis chez des amis, le chemin provoque quand même de belles rencontres. Au bout de deux jours il faut reprendre le chemin. Je ne m’attarde pas sur les aurevoirs… toujours difficile de quitter des amis. Merci mille fois.

La forêt nous garde encore quelques belles surprises et nous arrivons à Cérilly où nous sommes attendus par Carmen et Pascal Pasquier (boulangerie de Cérilly) qui nous accueillent comme des princes et nous gâtent. Merci encore pour tout. Puis je préviens Isabelle, qui s’occupe du camping de Cérilly, que nous arrivons. Fabien Thévenoux, maire de Cérilly nous a proposé de camper au camping municipal. La douche fait du bien. Repos total, calme garanti. Le lendemain matin, j’ai promis de passer faire une apparition sur le marché hebdomadaire où je retrouve d’anciens collègues de marché. J’en profite pour expliquer ma démarche de nettoyage des chemins. Le maire vient nous accueillir et prend le temps de discuter avec nous. Mais Honoré s’impatiente, il montre qu’il veut marcher. J’ai peur qu’il ne lâche sa commission sur le marché. Triste de ne pas avoir pu voir tout le monde, mais il faut repartir. Nous croisons Agnès et papotons quelques instants. Merci Cérilly pour l’accueil et Carmen pour le nouvel encas généreux 😉. J’ai toujours plaisir à venir à Cérilly.