Manon m’a invité à intervenir dans sa classe afin de parler de mon tour de France et du ramassage des déchets avec Honoré. Ce fut pour moi une nouveauté, encore une expérience enrichissante. Les enfants semblaient très intéressés par mon aventure et les questions étaient très pertinentes. En prime, un élève fêtait son anniversaire ce jour-là, l’ambiance était donc détendue. Je n’étais pas super à l’aise au début, pas habitué à affronter ce genre de public, mais ça c’est super bien passé. Merci Manon pour cet échange qui sans doute, fera écho dans de prochains cours sur l’environnement ou d’éducation civique.
Cette semaine de vacances conseillée par l’ostéopathe, m’a fait du bien et m’a permis d’entretenir et réparer mon équipement, me reposer et comme souvent, cuisiner des petits plats de chez moi : truffade et aligot. Manon avait déjà goûté le pâté aux patates chez Anne et Victoire. D’ailleurs il était impensable de ne pas faire une soirée visio avec les filles que j’étais ravi de revoir. Je pense bien souvent à cette semaine folle chez elles.
Pour ne pas rester complètement inactif, j’accompagne Manon à Verdun chercher des meubles qu’elle s’est acheté pour son prochain déménagement. Encore une occasion de bien rigoler en jouant à Tetris dans le camion.
Bon vous l’aurez compris, je n’ai pas ramassé de déchets de la semaine, même si on en a parlé à l’école, j’aurais au moins eu un impact pédagogique à défaut d’efficacité sur le ramassage.
Honoré va bien, gambade et fait le fou dans son pré. Il a reçu son rappel de vaccin contre le tétanos et la grippe équine (obligatoire au cas où je doive le placer dans un centre équestre en cas d’accident). Il n’a pas bougé et même pas fait de réaction inflammatoire comme ça aurait pu être le cas selon le véto. J’ai trouvé un hébergement pour faire une pause et parer les pieds d’Honoré d’ici quelques jours. À ce propos, je remet le lien de la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane. Merci encore à tous ceux qui ont participé. Cet argent me permet de prendre soin d’Honoré et de renouveler le matériel et l’équipement qui s’use. Il sera comme neuf pour attaquer les Vosges.
Comme on peut se douter, le départ est difficile. En une semaine auprès de la famille de Manon, on a appris à se connaître et devant tant de gentillesse et générosité, il est difficile de ne pas s’attacher. Même Frisbee, le chien de la famille, a encore dormi avec moi cette nuit, malgré le retour de son maître Théo, étudiant à Reims. Probablement sa façon de me dire au revoir aussi.
Mais le rendez-vous est pris, on se reverra. Les au revoir sont sobres, Manon nous accompagne quelques kilomètres et il l’heure de reprendre notre chemin solitaire.
Tour de France
Tour de France avec l’âne Honoré pour ramasser les déchets.
Pause chez Manon et visite ostéopathe
Je suis en pause chez Manon, professeure des écoles rencontrée chez Ânes Victoires, qui m’avait proposé de passer par chez elle. J’ai choisi de faire le détour et profiter de cet arrêt avant d’approcher les montagnes pour faire un point avec une ostéopathe. Je suis accueilli par Peggy, la maman de Manon, qui vient à notre rencontre avec son fils Théo en promenant Frisbee l’épagneul breton de la famille. Tout se suite le courant passe bien et on passe saluer Arnaud, le frère de Peggy mais aussi maire du petit village d’une quarantaine d’habitants. Gilles, le papa, arrive un peu plus tard puis Manon qui rentre de l’école. Toute la famille est adorable et attentionnée, l’accueil est extra, je me sens rapidement comme à la maison.
Déjà il est temps d’aller voir les chevaux de Manon qui eux aussi doivent avoir une séance d’ostéopathie. Nadège (facebook.com/nadege.hervet), l’ostéopathe, travaille beaucoup sur les points énergétiques. Elle a une approche très pro et bienveillante de sa pratique, Honoré n’a presque pas bougé et semble avoir apprécié la séance. Merci à tous ceux qui ont participé à la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane et qui m’ont permis d’offrir ce soin à mon compagnon. Merci Manon de m’avoir conseillé Nadège et merci Nadège pour le bien apporté à Honoré. Il reste encore le rappel annuel de son vaccin, le vétérinaire passe jeudi. Prochain soin prévu, parrage des pieds que j’espère pouvoir faire avant les Vosges. Si vous êtes sur mon parcours et connaissez un bon parreur, si possible méthode Enoff ou Parisot… parce qu’on est adeptes de la marche pieds nus ! (Voir la vidéo d’Ânes Victoires a ce sujet : https://youtu.be/c8U3xPsMYxk).
Je profite de la pause pour faire du tourisme. Il se trouve que je suis entouré de nécropoles de la guerre 14-18 et que justement, un ancêtre est enterré près d’ici. Je me devais donc faire le détour, conduit par Manon, qui se prend au jeu de la recherche de la tombe du soldat creusois, mort pour la France loin de chez lui, dans la Marne. Grâce à sa persévérance, nous l’avons trouvé.
Manon me présente à ses grands-parents Marcel et Annette, qui habitent également le petit village et qui m’accueillent à leur tour en toute générosité. Je suis d’ailleurs invité à déjeuner tous les midis où Manon, Peggy et Gilles sont au travail. Après le déjeuner, Marcel propose de me faire découvrir l’histoire des environs. On commence par la source de Côte à Vignes où une immense statut de Sainte Mennehould, qui a découvert la source, surplombe les environs.
La région n’a été épargnée par les guerres, nous sommes tout près de Valmy et sa célèbre bataille de 1792, ainsi que son moulin reconstitué. Le musée est fermé à cette période, mais ça n’empêche pas de faire le tour du moulin et des monuments à la mémoire de Kellermann.
Puis nous allons à la Main de Massige (parce que les vallons du paysage forment une main). Là, le témoignage du passé dans le tranchées est vraiment poignant. D’autant plus dans le contexte actuel. Impossible de ne pas imaginer l’enfer qu’ont vécu les poilus au fond de ces tranchées, par tout temps et sous les bombes et tirs ennemis. Le travail de l’association qui rénove et entretien ce site est extraordinaire. Des corps sont régulièrement découverts encore aujourd’hui. Un détour à faire si vous passez dans le coin. Vraiment j’ai été touché par ce lieu chargé d’histoire. Merci Marcel pour la journée.
Champagne
Hier soir j’ai fais un atelier couture… Une valise commençait sérieusement à se déchirer sur une couture du bas. Je me rends compte que la toile, bien que robuste, avait tendance à moisir à cause de l’humidité lorsque je la pose au sol. Il faudra que je renforce tout ça dès que possible. Le chemin de la journée était superbe, vallonné tout doux, de la forêt, du chemin, du bonheur… et même les premières vignes de champagne le matin. Mais Honoré n’a pas aimé parce que le dimanche, quads, motos et cavaliers sont de sortie, il a eu peur sur une bonne partie du chemin. Mais c’est passé, ouf. L’objectif du jour était d’approcher le plus près possible de Reims pour traverser la grande ville d’une traite. C’est faisable en empruntant le canal. C’est ce que m’a conseillé Stéphane Blaise qui est passé par là avec son âne Marius. Ce soir je dors près d’un pressoir de Champagne. C’est la région et ce n’est que le début.
Au matin la femme du vigneron m’apporte le café chaud, des madeleines et du chocolat. Presque le petit déjeuner au lit ;). Je pars donc de bonne heure comme prévu mais il a encore gelé à -5 cette nuit et malgré le soleil, la température reste fraîche. Le vent augmentant la sensation de froid, j’ai gardé les gants toute la journée. L’objectif de traverser Reims dans la journée est atteint, une bonne vingtaine de kilomètres le long du canal mais dans un environnement plutôt industriel. Le canal est toujours en activité pour charrier notamment le calcaire des nombreuses carrières alentours, les céréales, les betteraves… Par ailleurs, le canal est souvent longé par l’autoroute, qui parfois passe par dessus via d’immenses ponts, comme les voies de chemin de fer et autres routes circulantes qui ne rassurent pas Honoré. Pourtant il a plutôt été sage aujourd’hui et ce soir je peux le récompenser en le laissant libre dans un parc où il peut gambader. Il y a des congénères mais pas très sociables alors ils restent dans leur paddock tandis qu’Honoré galope. J’ai du courant pour recharger, je suis conduit au gymnase pour la douche. Parfait ! Je suis à Sillery et m’apprête à traverser les plaines de champagne, en espérant que le vent nous oubliera.
Départ ce matin de bonne heure toujours le long du canal, donc plutôt calme et encore industriel en suivant notamment les dépôts de l’usine de sucre Béghin Say. Il faut quitter le canal et commencer les plaines. C’est là que le téléphone sonne, une journaliste de Cheval Magazine veut à nouveau faire un sujet sur notre tour de France pour le numéro de mai prochain. J’en profite pour faire la pause casse-croûte et me diriger ensuite vers Prosnes où je suis accueilli par Francis, le maire du village. Il me conduit à la salle des fêtes, mais le vent du nord est trop fort. Finalement il m’emmène au dépôt municipal derrière lequel il y a un terrain avec suffisamment d’herbe pour Honoré. Quelques curieux viennent me rendre visite et me poser les questions habituelles sur notre périple. Une fois installé, le maire revient vers moi et me propose une douche chaude et dîner avec lui et son épouse Chantal. Encore une soirée très agréable riche en échanges. Le couple est aussi amoureux des animaux, ils ont même créé pour eux un cimetière dont j’avais pris la photo en entrant dans le village, touché par cette attention peu banale. Le repas était délicieux, je repars avec de quoi manger demain midi et soir. Merci Chantal.
Ce matin je suis dans les plaines céréalières de champagne, c’est plat, immense et les agriculteurs traitent contre les charançons, des insectes qui mangent leurs semis. Du coup Honoré ne peut pas brouter sur le bord du chemin, il est chiant, je compatis. Aussi, ce matin on entendait des tirs d’artillerie. Rassurez-vous nous ne sommes pas en Ukraine mais entre les bases militaires de Mourmelon, Moronvilliers et Suippes. Ce soir je suis attendu chez madame Chocardelle, maire de Sainte-Marie-à-Py. C’est son mari qui m’accueille, lui qui a fait Compostelle depuis Le-Puy-en-Velay jusqu’à 150 km de l’arrivée en plusieurs tronçons. Il espère pouvoir terminer son chemin prochainement. La journée a été longue et difficile, la douche fait beaucoup de bien. Les températures nocturnes remontent, -2° cette nuit contre -5° les nuits précédentes.
La tente est vite dégelée ce matin et je repars pour un paysage plus agréable. L’avantage de ces grandes étendues, c’est que les chevreuils ont peu d’abris et qu’il est facile de les voir. Aujourd’hui je suis une ancienne voie de chemin de fer, bordée d’arbres. Le terrain s’incline légèrement, on fait un petit passage dans les Ardennes, puis retour dans la Marne à Gratreuil où je bivouac dans le jardin du maire.
Première nuit sans gelée depuis longtemps, je presse le pas malgré moi, ce soir nous arrivions chez Manon. Difficile encore aujourd’hui pour Honoré que j’empêche de brouter, toujours à cause des traitements agricoles. Et en plus le vent est de la partie, ce qui ne facilite pas la progression. Enfin, on pique-nique près d’un étang puis dernière ligne droite avant la pause, dont je vous reparle très vite, et bien sûr la visite de l’ostéopathe…
Aisne
Toujours en Picardie et déjà dans l’Aisne, nous sommes partis ce matin de chez Julie, Romy et Olivier qui doivent se rendre au salon de l’agriculture cet après-midi. Évidemment je leur ai conseillé d’aller voir le stand de l’âne Bourbonnais tenu, entre autres, par Natacha de l’asinerie du Tremble, chez qui Honoré est né.
On marche entre vallées et plateaux, pique-nique au bord d’un étang puis changement de département. J’appelle la mairie de Vic-Sur-Aisne et le maire vient à ma rencontre avec du personnel communal pour m’ouvrir le local du comité des fêtes afin que je puisse recharger mon téléphone et avoir de l’eau chaude. Dans le parc, Honoré fait sensation mais je surprend un riverain qui lui lance du pain. Vu qu’il a un plein sac, j’interviens rapidement. « Vous savez qu’on peut tuer un âne avec du pain ? » Lui assène-ai-je ? » Ha ben non » me répond l’individu. Et de lui retourner « Ben voilà, c’est pour cela qu’il ne faut jamais donner à manger aux animaux qu’on ne connait pas, surtout sans l’autorisation de son propriétaire ». Alors je commence à faire un peu de pédagogie. « Nous sommes les seuls mammifères à digérer l’amidon (et encore ce n’est pas vrai pour tout le monde). Et les ânes sont des herbivores. Le pain n’est pas un végétal et en plus c’est un produit transformé. Les ânes digèrent entr deux et quatre jours, nous digérons en deux heures. Imaginez un bout de pain dans un tube humide et fermé… Il fermente, crée du gaz, gonfle et c’est l’occlusion intestinale. Voilà, maintenant vous savez ». La réponse est toujours là même « ha ben ma belle sœur elle leur en donne tout le temps, y’z’aiment ça ». Tu peux tuer les ânes de ta belle sœur si elle veut, pas le mien ! Moi j’aime le whisky mais si ma belle sœur m’en donne tout le temps, ça va être beau .
Bref, ça fait un petit moment qu’on n’a pas fait le point sur les déchets. Là-dessus pas de surprise, c’est comme partout ailleurs. Enfin, en ce qui concerne les chemins. Sur les routes et les entrées d’agglomérations, il faut reconnaître qu’il y en a un peu plus. Plus on approche de la région parisienne, plus les routes sont circulantes, plus les agglomérations sont grosses, plus il y a de déchets en quantité. Ce théorème est vrai sur toutes les routes parcourues jusqu’à aujourd’hui, mais la proximité des grandes agglomérations augmente le phénomène. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver pour trier efficacement car les bacs ne sont pas toujours clairement identifiés.
Je reprends doucement la marche ce matin, il a gelé un petit peu cette nuit mais le soleil réchauffe vite. Le chemin me fait suivre les bords de l’Aisne et quelques bosquets dans lesquels j’ai trouvé de l’ail des ours déjà sorti. J’augmente doucement le kilométrage quotidien grâce aux journées qui rallongent et parce que mon prochain rendez-vous chez Manon me permettra d’offrir une visite ostéopathe à Honoré. Ce soir je pousse jusqu’à Chavigny où je bivouac dans la cour de la mairie. Olivier, l’adjoint au maire, m’accueille et revient avec ses enfants, ravis de caresser Honoré. J’ai même droit à des œufs, thon, sardines… Le lendemain matin c’est son épouse qui me salue avec les enfants.
Le ciel se couvre mais il ne pleut pas. Le paysage est bien plus vallonné que je ne l’aurais pensé, cependant quand on est sur les plateaux, on a du mal à imaginer le relief en contrebas. En passant devant un centre équestre, une cavalière nous interpelle et j’en profite pour faire une petite pause. Honoré fait le beau et gagne quelques carottes et une ration de flocons. Habituellement je ne prend pas les flocons, mais je ne sais pas pourquoi, j’accepte. Et je ne le regrette pas parce que les kilomètres qui suivent montrent que les agriculteurs ont traité. Il y a plein de billes d’azote sur les bas-côtés, je ne veux pas qu’Honoré mange ça. Du coup il y a conflit entre nous, mais tant pi. Le soir je me fais pardonner avec la ration qu’il dévore. Merci Géraldine. Nous poursuivons notre chemin vers Reims par le GR 12 et je décide de m’arrêter au petit village de Vregny. Coup de chance, c’est aujourd’hui que la mairie est ouverte ! Et le maire arrive dans 5 minutes. Parfait. Je m’installe, le maire vient et me propose de me laisser les clés pour avoir accès à l’eau. Au matin il me renseigne sur des itinéraires possibles qui me feraient gagner du temps tout en me permettant de faire un détour vers Vailly-sur-Aisne pour y faire quelques courses d’appoint. Il y a quelques jours, un grand-père avec son petit-fils, m’avait donné un billet, ne pouvant pas aller sur la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane. Le raccourci était une bonne idée, même si la route était moins jolie, j’ai gagné du temps que je mets à profit pour avancer d’avantage. Les nombreux cimetières militaires, rappellent que nous marchons sur des zones de combats de la guerre 14-18. Anglais, italiens, allemands… Autant de nécropoles rappellant l’horreur des combats. Ce soir je bivouac près d’une église à Soupir, c’est dire le nombre de cimetières sur la commune. D’ailleurs nous suivons le célèbre chemin des dames.
Sans perdre de temps, on se remet en route et je découvre des paysages que je n’attendais pas, des grottes troglodytes. Interpellé par un corse ayant élu domicile dans l’une des troglodytes et qui possède des ânes, je fais la pause de midi avec lui. Il me suggère quelques raccourcis et j’arrive tôt à Beaurieux. Je me dirige vers la mairie, on me propose le stade de foot. En m’y rendant, je passe devant un bar-tabac où on deux dames veulent caresser Honoré. J’en profite pour demander le journal du jour (l’Union) dans lequel il y a un article sur nous, mais il semble que ce ne soit pas la bonne édition. A ce moment là, Justine et son fils Kaou me proposent de m’héberger. J’accepte avec plaisir même si ce me fait 3 km de détour. Kaou m’accompagne et rempli un sac de 20 litres de cannettes trouvées sur le bas-côté. Nous arrivons assez vite, rejoins par Lumi, la fille de Justine, et plus tard Bertrand son mari. Entre temps, Marie-Anne est arrivée, puis son mari Nicolas, puis Cédric et sa femme Alison. Une joyeuse bande de musiciens attablée à l’apéro. Bertrand prend les choses en main et allume le four à bois, ce sera soirée pizzas maison. Une bonne ambiance qui me rappelle les soirées chez Bruno et Nathalie avec Manu, Joël, Patrice… J’ai même goûté au Ratafia, une boisson locale du genre Pinot des Charentes. Et comme on approche de Reims, alors on fini par le champagne.
Départ de bonne heure, ce matin on a un rendez-vous avec Véronique et Dominique que nous avions croisé cet été sur la velodyssée entre La Rochelle et les Sables d’Olonne. Depuis, le couple suit notre parcours et ils habitent près d’ici. Je suis ravi de les revoir et ils apportent un café chaud et des croissants que nous partageons au bord du canal. Une pause brève mais qui fait du bien. Et marcher le long du canal rappelle aussi de nombreux souvenirs de Bretagne… Il fait beau, tout va bien. Et Titus (le copain d’Honoré resté à la maison) va mieux. Plus de syndrome vestibulaire, il s’alimente seul et normalement et recommence même à braire. Il est sauvé !
Les côtes sont de moins en moins importantes, on approche de la Champagne. Demain nous quittons l’Aisne pour la Marne, la Picardie et les Hauts-de-France pour la Champagne et le Grand-Est. Encore une page qui se tourne. Je pense pouvoir affirmer qu’on est à mi-chemin de notre tour de France. Mais les montagnes arrivent…
Direction l’Est
Cette première journée de marche après la pose chez Ânes Victoires, est très émouvante. Heureusement le chemin est finalement plutôt agréable et franchement confortable pour Honoré. Lui et moi sommes suffisamment reposés, il ne me test presque pas contrairement aux autres journées de reprises. Dans la forêt il y a déjà des jonquilles, le printemps arrive, chouette. De temps en temps Honoré s’arrête et brai comme pour appeler ses copines, puis cesse vers Senlis. Je pensais y faire bivouac mais finalement je pousse sur Fleurines et ne le regrette pas. J’y suis super bien accueilli, l’agent technique m’accompagne, puis la seconde adjointe me rejoint pour me présenter le maire qui s’appelle Guillaume Maréchal. Pas étonnant que cette ville soit agréable . Bon sérieusement il y a une réunion de conseil mais à la sortie Audrey, la seconde adjointe, m’apporte une pizza et un quart de rouge en cadeau de bienvenue avec le premier adjoint. Whaou quel accueil. Le lendemain matin je suis invité au petit déjeuner en mairie. Audrey a tout prévu, café et viennoiseries, même des sandwichs pour ce midi.
Mais la météo annonce des rafales à 85km/h et de la pluie, pas le temps de faire une pause, je grignote en marchant. Je suis à l’abri des grosses rafales dans la forêt mais pas rassuré pour autant à cause des branches qui pourraient tomber. On se prend une belle averse avant d’arriver à Verberie où nous sommes accueillis par la policière municipale. Audrey avait encore une fois tout prévu, elle avait contacté la mairie juste après notre départ. Nous bivouaquerons dans la cour du château. Je peux prendre de l’eau à la MJC dans une aile du château. Évidemment les enfants viennent caresser Honoré qui prend un véritable bain de foule. Le maire passe également nous saluer avec le journaliste local. Il a diffusé notre passage sur les réseaux sociaux, les habitants sont venus nombreux nous saluer, très nombreux, j’étais épuisé. Le directeur de la MJC me propose l’accès à la douche, ça fait du bien. Le lendemain matin je prend un café avec les gens du château, fais le plein des gourdes et récupère la serviette qui a eu le temps de sécher pendant la nuit. La pluie se décide a commencer de tomber juste au moment où je plie la toile de tente. Mais c’est pas grave, je ne perds pas de temps, la journée va être longue car il y a peu de communes sur mon chemin.
J’arrive dans la forêt de Compiègne qui est immense et peu habitée. La journée est ensoleillée, la forêt agréable, il y a même des biches qui sont venues nous observer. Je trouve un beau terrain à côté de la mairie et de l’abbatiale de Saint-Jean-aux-Bois. Ce sera parfait pour cette nuit. La nuit a été fraîche, la température est descendue à -5°. Je crois que c’est la limite de ma zone de confort, au-delà il faudra mettre le deuxième duvet. Heureusement le soleil se lève plus tôt et réchauffe vite l’atmosphère et le bonhomme. Ce matin la vidéo d’Ânes Victoires est en ligne, je la regarde avec mélancolie, quelle semaine de fou ça a été !
Nous sortons du village et sommes immédiatement dans la forêt de Compiègne. Par cette jolie matinée ensoleillé c’est agréable de marcher. Tout au moins jusqu’à la pause de midi écourtée par des chasseurs à courre. Une vingtaine de cavaliers arrive au trot et effraie Honoré. Je me mets sur le chemin pour leur faire comprendre qu’il faut ralentir mais ho stupeur, la plupart les cavaliers ne sont pas capables de faire ralentir leur monture ni même la diriger. Certains tentent bien une manœuvre aussi inutile que dangereuse en levant les bras bien haut. Le geste stupide n’a pour effet que d’effrayer les chevaux et leur faire mal à la bouche. J’ai devant moi la preuve que les mors ne servent strictement à rien, surtout pas pour assurer la sécurité du cavalier qui à ce moment-là ressemble franchement à un crapaud sur une boîte d’allumettes. Je suis scandalisé par le traitement qu’ils infligent à leurs chevaux. Je connais de nombreux cavaliers, certains chassent à courre, mais je n’avais jamais vu un tel comportement irresponsable, irrespectueux et dangereux. En plus d’être incompétents, et donc maltraitant avec leurs chevaux, sur la vingtaine de cavaliers seuls trois ou quatre on su dire bonjour. Je n’ai habituellement rien contre les chasseurs, même si je n’ai rien pour non plus, mais un tel comportement doit être dénoncé. Enfin heureusement plus tard d’autres chasseurs, plus respectueux ceux-là, nous ont salué poliment. L’échange était même plutôt cordiale. La chasse est terminée pour cette année, ouf.
Le chapitre suivant est bien plus agréable, Julie m’a contacté suite à une parution sur le Facebook de la ville de Verberie et me propose un hébergement. Ça me fait faire un petit détour qui m’oblige à passer près du rond-point de l’armistice. Je vous invite à consulter leur site : https://www.audioguide-armistice.fr/ Ce détour a du sens d’autant que nous sommes passés par les plages de Normandie, et vu le contexte actuel, évoquer la paix me semble de bonne augure. Après avoir pris le temps de discuter avec les voisins, Julie nous accueille. J’installe Honoré dans sa prairie pour cette nuit et demain, nous ferons une pause ici. Quant à moi, j’ai une chambre au chaud, ça tombe bien il va encore geler cette nuit. Olivier, le mari de Julie et leur fille Romy arrivent quelques instants plus tard, de retour d’un anniversaire familial. Ensemble, nous allons sécuriser le parc dans lequel il y a des ifs, toxiques pour Honoré. Bien qu’il a de l’herbe a volonté, je ne veux pas prendre de risque. Il est temps de se reposer, la journée a été longue. Le couple attend le petit frère ou la petite sœur pour cet été, souhaitons leur tout le bonheur du monde. En attendant je suis super bien reçu. Julie travaille dans l’événementiel sportif et Olivier dans la médecine nucléaire (mais pas en tant que médecin). Anciens parisiens, ils ont choisi le calme d’une ancienne maison forestière pour élever leurs enfants. La maison, située au cœur d’une clairière, est magnifiquement rénovée et confortable, la nature et les animaux y ont une place importante.