Après 12 journées de marche sous un soleil de plomb, il était temps de s’arrêter. Je suis super content de revoir Marion et aussi les biquettes et leurs bébés, découvrir comment les chevrettes que j’avais sélectionné sont devenues… Et puis reprendre la traite… Autant dire que ça remue un peu les tripes. Je découvre l’univers dans lequel elles évoluent, un vrai paradis avec une vue magnifique sur le Mâconnais, même jusqu’au Lyonnais avec quand on a de la chance un aperçu sur les Alpes et le Mont Blanc. C’est beau tout le temps, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve. Un peu comme le Mont Saint Michel et plein d’autres endroits que j’ai eu la chance de traverser durant ce Tour de France.
Comme l’an dernier quand je suis arrivé chez Sandrine et Cédric, c’est la période des foins, moment important dans la vie de la ferme et stressante pour le paysan qui joue sa saison à cette époque qu’il ne faut pas louper.
Honoré est avec deux juments, ils ont 4 Ha pour eux trois avec une source, un bois pour se protéger des mouches, du soleil et des orages. La grêle et les fortes pluies nous ont épargné, heureusement. Enfin on en a pris mais il n’y a pas eu de dégâts, mis à part quelques bleus provoqués par la grêle en rentrant les biquettes. Je vous épargne la liste des tâches quotidiennes de la ferme (je suis quand même en pause 😉).
Je reçois une journaliste du Journal de Saône et Loire qui doit prochainement proposer un article sur nous. Ici le tri n’est pas encore en place et les bacs de collecte volontaire sont éloignés. L’occasion de parler de mon projet de loi avec la presse et évoquer les difficultés rencontrées quant au tri. D’ailleurs, maintenant que les élections sont terminées, il est temps de reprendre contact avec les députés pour remettre le projet sur le dessus de la pile. Au passage, si d’autres élus influents veulent participer de près ou de loin à cette loi, qu’ils n’hésitent pas à me contacter.
Honoré se remet doucement de ses gonfles qui sont déjà presque soignées (il avait développé ces gonfles deux jours avant notre arrivée à la ferme). La pause chaleur se prolonge le temps des orages… Avec la grêle qui est tombée et les fortes averses orageuses qu’on a pris, je suis bien content d’être à l’abri avec Honoré.
Les prévisions météo pour les semaines qui viennent et mes soucis de dos qui ne veulent pas m’oublier, m’obligent à repenser mon trajet. J’envisageais de revenir sur les Alpes pour atteindre la voie d’Arles (chemin de Compostelle), mais finalement, je pense que je vais couper tout droit vers le sud. Je reste encore quelques jours pour prendre ma décision et adapter le trajet.
Auteur : Stéphane
Saône et Loire
Virginie vient de bonne heure soigner ses chevaux et m’apporte un café chaud. Je ne pars pas très tôt de ce charmant petit village et dès la sortie, je rattrape à nouveau un canal, le canal du Centre. Progressivement le chemin s’élève, il y a de moins en moins de portion plates et les dénivelés de plus en plus importants. Soudain au loin j’aperçois comme un drôle de nuage, mais en y prêtant attention, il ne bouge pas. Je crois que c’est le Mont Blanc. Plus tard sur une hauteur au pied d’un château médiéval, une vue panoramique et son panneau indicatif confirme que c’est bien le Mont Blanc qui s’élève face à moi à l’horizon. Nous sommes à hauteur de Chalon-sur-Saône qu’on aperçoit au loin. La chaleur est écrasante et mise à part un ou deux petits chemins qu’il faut franchir façon sanglier car très peu utilisés, une grande partie de la journée se déroule dans les vignes ou sur des petites routes qui n’offrent malheureusement pas beaucoup d’ombre. Ce soir je trouve un bivouac chez des particuliers à Saint-Martin-sous-Montaigu. Le gazon est fraichement tondu et Honoré devra s’en contenter. Enfin il va quand même élaguer les noisetiers qui servent de haie. Placé au bord du chemin de Compostelle, le couple a l’habitude de voir des randonneurs demander à boire ou un bivouac.
Ce matin on part un peu plus tôt car la journée s’annonce vraiment très chaude et les dénivelés encore plus importants. Et puis ce sera une étape courte puisque je suis attendu chez Odile. Mais c’est d’abord François, un viticulteur voisin, qui vient m’accueillir et me propose d’installer ma tente et Honoré sur son terrain. François est un ancien militaire de l’armée de l’air qui a vécu une vie palpitante aux quatre coins du monde et qui est revenu aux sources, dans sa Bourgogne natale, pour finir sa carrière dans les vignes qui lui sont chères. Odile est une amie de Marie-Pierre et Marie-Annick, souvenez-vous, ce sont deux pèlerines que j’avais croisé sur le canal de Nantes à Brest. Nous avions discuté un moment alors qu’elles entamaient leur pèlerinage vers Compostelle. Depuis elles suivent nos aventures sur Facebook et elles m’avaient accompagné une demi-journée de marche en Normandie, d’où elles sont originaires. J’avais d’ailleurs été gâté. Odile vient me chercher chez François et prépare le dîner le temps que je prenne ma douche. Que ça fait du bien après une journée de grosse chaleur ! Odile est une fine cuisinière, passionnée par son terroir. Et en tant qu’ancienne viticultrice, elle sait mettre en valeur les produits locaux. J’ai droit à un délicieux bœuf bourguignon qu’elle avait préparé en avance, avec de la viande locale du boucher le plus proche, mijotée dans un vin on ne peut plus local puisque produit par son fils. Vin que je déguste en accompagnement du dîner. Et pour finir, de délicieux fromages de chèvre de la ferme d’à côté. J’ai vraiment été gâté et j’ai particulièrement apprécié cette soirée gastronomique. Je suis toujours au pays des vins de Bourgogne, après les côtes de Nuits, les côtes Chalonnaise, avant les côtes de Mâcon et les Beaujolais. Mais je suis aussi au pays du Charolais. L’Allier, d’où je suis parti, fait parti par extension du territoire d’élevage de Charolaises. Honoré et moi avons l’habitude d’en voir dans les champs autour de chez nous, ça nous rappelle un peu la maison mais c’est quand même plus vallonné ici. Ce soir je trouve un spot au bord du chemin de Compostelle, au pied d’une falaise et d’une grotte. La commune a mis à proximité un robinet qui permet au pèlerin de s’abreuver. L’endroit est calme il a vu reposante ce sera parfait pour cette nuit.
On repart à la fraiche pour cette journée encore lourde au niveau du thermomètre. On s’arrête dans une petite ville faire un complément de vivres. Soudain ce retour à la civilisation me rappelle à quel point les gens peuvent être stressés et tellement pressés par leurs vies, qu’ils ne font même pas attention à ce qui se passe autour d’eux. Pour ce soir, j’appelle une mairie pour trouver un bivouac et on m’accueille dans la cour de la mairie de Cortevaix. Le maire me confie les clés de la salle communale afin que je puisse avoir accès à l’eau potable et aux toilettes. Je pars assez tôt pour marcher le plus possible avant les grosses chaleurs annoncées. La journée est ponctuée de jolis paysages, de côtes et de descentes. Rapidement la chaleur est écrasante, les sentiers parfois étroits et caillouteux, Honoré n’est pas très à l’aise.
Finalement la chaleur a un point commun avec la pluie, avec ce temps j’ai pas du tout envie de ramasser des déchets. Heureusement je trouve quand même des bennes pour me débarrasser des suremballages des courses d’hier.
Je cherche à joindre la mairie de Jalogny pour trouver un bivouac mais je suis redirigé sur la mairie de Cluny. Bon pourquoi pas mais la secrétaire de mairie m’envoie vers l’Office de tourisme. Je lui explique que je cherche un bivouac pas un hôtel… Elle me donne le portable du chef technique qui ne répond pas, même après mes messages. Je rappelle la mairie qui me donne le portable de son adjoint, pareil… Je suis franchement déçu de ces communes qui veulent faire du chiffre à tout prix, en négligeant l’humain en réfléchissant Euro, rentabilité, investissement… A quoi bon, Cluny est déjà une ville touristique avec son abbaye et ses pèlerins, pourquoi vouloir péter plus haut qu’ils ont le cul ? Pour gagner plus d’argent et perdre en relation humaine ? C’est décidément un concept que j’ai du mal à comprendre. Mais avec la chaleur, le téléphone se met en sécurité, plus de GPS, plus d’internet, plus de téléphone. La batterie baisse à vue d’œil. Une pause s’impose et je m’arrête devant l’abbaye ou le tavernier me souhaite la bienvenue. Bonne idée, une petite bière locale sera parfaite. Il me propose une bière d’abbaye, une recette de l’abbesse Mac Hullot du couvent de Clunylingus (lisez à voix haute ). Après cette note poétique, je dois reprendre mon chemin pour trouver un bivouac. Finalement je trouve à Jalogny où je suis agréablement reçu par des particuliers. Le soir la voisine m’invite à venir cueillir des framboises qui feront mon dessert et mon petit déjeuner de demain.
Je me lève tôt pour partir à la fraîcheur, les températures ne cessent de grimper, et le parcours aussi grimpe de plus en plus. Mais il offre des points de vues remarquables, c’est un vrai bonheur. Honoré, comme moi, a hâte de faire une pause. Mais si j’ai probablement pressé le pas, lui ralenti. Il ralenti tellement qu’il tire sur la longe en permanence, parfois même par à coups si violents que j’en tombe à la renverse. Et avec la frontale anti-mouche, le licol n’est plus aussi ample au niveau des oreilles, il s’est blessé. Rien de bien profond, mais ça doit être douloureux. Pourtant il continue de tirer. Vivement la pause ! Ce soir j’ai plus de chance, la mairie de Tramayes me rappelle, le second adjoint me propose le terrain des camping-cars. Il y a des toilettes, de l’eau, de l’herbe un peu, et de l’ombre à partir de 20 heures mais il y a un bistrot tout près,une bonne bière fraîche artisanale fera du bien. Je profite de la soirée ombragée et de la petite table de pique-nique quand un couple et leur fille s’approchent. Je vois bien que la petite a envie d’aller caresser Honoré. Elle se souvient cet hiver avoir vu un monsieur comme moi avec un âne comme Honoré passer devant son école. Les parents qui se souviennent que la petite avait raconté cette anecdote, plaisantent en pensant que ça ne peut pas être nous. Mais au fil de la conversation ils me disent habiter à Ry en Normandie. Je suis effectivement passé à Ry, j’ai même bivouaqué à côté de l’école début février. C’était effectivement Honoré et moi que la petite fille avait vu et notre passage l’avait marquée. Je suis touché qu’elle se soit souvenu de nous et devant l’improbabilité de notre rencontre ce soir en Bourgogne, nous posons pour une séance photo à destination de la maîtresse d’école et de l’Office de tourisme qui nous avait dépanné en eau. Aujourd’hui étape va être courte, une petite dizaine de kilomètres, mais avec deux grosses côtes. Je pars le plus tôt possible afin de profiter des températures les plus clémentes. Honoré est chiant, il est fatigué, moi aussi et je suis soulagé d’arriver chez Marion avant midi. Je ferai une entrée spéciale sur le séjour Mâconnais, parce que si j’ai fait un détour pour venir chez elle, c’est parce-que c’est à elle que j’ai vendu mes chèvres. Alors séquence émotion garantie, mais j’avais promis de venir, me voilà enfin.
Côte d’Or
Après cette série d’orages, il est temps de quitter ce camping très agréable. Le temps est encore lourd et ce matin on rattrape le canal de Bourgogne. On connaît bien maintenant les chemins de halage et à chaque fois je me remémore les régions traversées. Je suis sur le chemin de Compostelle toujours bien balisé, d’ailleurs je viens de remarquer que le balisage ressemble à un drapeau ukrainien à l’envers. Le temps est de plus en plus lourd, j’ai hâte d’arriver dans la forêt qui devrait m’apporter de la fraîcheur. Sauf qu’une barrière empêche d’emprunter le chemin. Pourtant sur la barrière il y a bien la coquille du chemin de Compostelle mais cette barrière couvre toute la largeur du chemin et impossible de la contourner ni de l’ouvrir. Nous sommes attaqués par les moucherons et les taons et obligés de faire demi-tour et d’emprunter le bitume. Du coup le détour m’aura permis de trouver un cimetière et faire le plein d’eau mais c’est 7 km en plus que ce que je voulais faire. Parce qu’après il faut traverser la forêt et les premières habitations sont assez loin. Je repère sur la carte une ferme, je m’en approche pour aller chercher un bivouac. Mais un type sort et me dit qu’ici c’est privé, qu’il faut aller voir plus loin. Il me montre une maison à côté, j’y vais, je suis accueilli par une religieuse mais qui vit en ermite et ne veut donc pas m’accueillir car il n’y a pas d’eau à l’extérieur. Elle me suggère de me rendre à l’abbaye de Cîteaux à deux ou trois kilomètres de là. De toute façon je ne peux pas aller plus loin je suis trop fatigué par cette chaleur, j’ai mal aux pieds, j’ai mal au dos, je suis épuisé. J’arrive à l’abbaye et rencontre le frère qui me propose un terrain qui conviendra parfaitement. J’installe le campement et je vais faire tamponner ma créanciale, le fameux passeport du pèlerin que j’oublie souvent au fond de ma poche. La nuit est calme, un couple d’Allemands bivouac là aussi et ils assistent à toutes les messes. Je profite de la soirée pour répondre au téléphone à Justine qui doit bientôt partir faire le tour de France avec son compagnon François et leurs ânes. Je suis ravi de pouvoir partager mon expérience, j’espère leur être utile et qui sait, nos chemins vont peut-être se croiser.
Le chemin du jour se présente mieux qu’hier, mais les kilomètres en plus sont là et c’est le dos qui trinque. Il y a toujours les déchets, comme d’habitude, ni plus, ni moins. Mais sur les routes je ne ramasse pas, ça roule trop vite et beaucoup ne respectent pas les distances de sécurité, voitures comme cyclistes par ailleurs. Je réduit l’allure et la distance. Un peu de bitume et de route circulante avant de rattraper le GR des grands crus. Vougeot, Vosne-Romanée… D’où est produit le fameux Romanée Conti, un des vins les plus cher de France. Et j’ai la chance de bivouaquer sur un charmant terrain communal et le maire m’apporte un échantillon de sa production. Ça fait bizarre de bivouaquer en dégustant un Romanée mais c’est aussi ça la la magie du chemin. Un correspondant du journal local « Le bien Public » vient à ma rencontre. Je repars tranquillement de mon bivouac direction Nuits-Saint-Georges, encore un grand cru, où je fais quelques courses d’appoint. La météo annonce de la pluie et des orages cette après-midi, je cherche rapidement un bivouac. L’adjoint au maire de Corgoloin me propose le terrain de sport. Les employés municipaux viennent m’ouvrir les vestiaires. Je peux prendre une douche, me raser, faire une lessive. J’assiste même à un double de tennis des anciens du village. Un chouette match entre copains, sans prétention, loin de Rolland Garros, en toute convivialité. Le premier adjoint vient à ma rencontre, nous échangeons longuement sur ma mission et ce soir il y a réunion du conseil municipal pendant laquelle il compte bien parler de notre périple. Et c’est ce qu’il a fait car ce matin Monsieur le Maire viens à son tour discuter avec moi.
Les deux élus me font la surprise de me remettre la médaille de la ville comme encouragement à mon engagement à propos des déchets. Autant vous dire que je suis très touché de cette attention et je remercie le conseil municipal de Corgoloin pour cet honneur. Les employés municipaux eux aussi sont repassés ce matin m’offrir une bouteille de production locale. Je suis gâté.
Je repars finalement assez tard en direction de Beaune. Le chemin pour y aller est essentiellement entouré de vignes et de châteaux. On sent clairement qu’on traverse une zone de vins prestigieux. Certaines voitures dans la cour des châteaux valent à elles seules le prix d’une petite ferme dans le Berry ou la Creuse. D’ailleurs, personnellement, je préférerais la ferme que la voiture. L’arrivée sur Beaune met fin à mon ramassage quotidien de déchets. L’entrée dans la ville se fait par une quatre voies qui amène d’un côté vers l’autoroute et de l’autre dans la ville. Autant dire que la circulation n’est pas propice au ramassage. Pour autant, une fois passé la zone circulante, la traversée de la ville se déroule plutôt bien. Mais impossible de traverser Beaune sans s’approcher des fameux hospices. Je suis un peu déçu car je pensais au moins pouvoir prendre une photo de la cour intérieure, mais elle est bien gardée et impossible de s’en approcher. Je poursuis donc la traversée de la ville et me mets à la recherche d’un bivouac. C’est à Pommard que je trouve grâce à la secrétaire de mairie et au Maire, un parc municipal qui peut m’accueillir. On me confie les clés des toilettes publiques qui me permettront d’avoir de l’eau à volonté.
En longeant ainsi les coteaux, je reste dans le vignes classées Grands Crus et marche au cœur de vins de prestige et des châteaux des propriétaires récoltants. Pour Honoré, c’est bien compliqué car il y a de l’herbe partout sur les bas-côtés et on ne peut pas faire de pause broute car tout est traité ou en cours de l’être. Nous sommes en conflit permanent, ce qui rend la marche bien difficile et douloureuse car il tir au renard pour aller se sustenter. De plus je pense qu’il aimerait bien pouvoir gambader, mais ça fait un petit moment que je suis obligé de le laisser attaché faute d’espace où il pourrait être en sécurité. Depuis que nous sommes partis de chez Coraline et Maxime, il est toujours en longe avec le licol.
La chaleur n’aide pas à le détendre et je cherche un bivouac de bonne heure. On vient d’entrer en Saône-et-Loire et dans le petit village de Remigny je croise un habitant et lui demande où je peux bivouaquer. Il réfléchit et interpelle deux dames qui distribuent des affiches pour le feu d’artifices du week-end prochain, dont Virginie, conseillère municipale, à qui il demande de m’accompagner. Spontanément, elle me conduit à son terrain où elle a des chevaux, l’homme se charge de poursuivre la distribution des affiches. Le terrain de Virginie est un petit paradis caché au cœur du village, mais où le chant des oiseaux règne. Même si le terrain est caché au bout d’un chemin, ma présence est vite divulguer et de nombreux villageois viennent me saluer en toute bienveillance. Honoré est heureux, il peut enfin gambader en toute liberté. Encore une preuve que sur le chemin, il suffit de demander pour qu’il nous apporte ce dont on a besoin. C’est la magie de Compostelle, mais aussi de tous les chemins et ce que l’on en fait, comment on les parcours. Plus tard Virginie revient avec un thermos de café et des bouteilles d’eau fraîches. Est-ce que j’ai déjà dit que je croise beaucoup de gens bienveillants ? Merci pour cette générosité et gentillesse 🤗
Jura
Tout d’abord je voulais remercier le camping de Marnay pour leur accueil et le gentil article sur leur page Facebook https://www.facebook.com/321302574719050/posts/pfbid02gvkpdzXQych1ATJtvh5pVwWErQQTbtga6STQAh2T76ueJDxskoDX5Y2LaFqsxnR5l/ et aussi Décathlon Besançon pour leur article également et aussi pour leur accueil et les conseils https://www.facebook.com/384187498284828/posts/pfbid02rB61bJ2cCZh4Kcjae6zLNeRwrtRUzL1Sn3H81wcxd2ctCzcEaXG8A7Zvt1JKq3qJl/
Et puisque je vous parle de Décathlon je voudrais aussi faire un point sur le matériel que j’ai renouvelé grâce à vos dons sur la cagnotte Leetchi.com/c/tdfane. À commencer par le sac à dos que j’avais déjà depuis longtemps avant le Tour de France. Cette fois-ci j’ai opté pour un sac à dos plus grand qui contient 70 + 10 litres. C’est le modèle MT 900 symbium. Ce sac à dos, bien que bien plus grand que le précédent qui contenait tout de même 50 + 10 litres, offre une bien meilleure portabilité, ce qui me permet de délester Honoré de quelques gros volumes, sans avoir l’impression d’avoir du poids supplémentaire. C’est important car ce volume provoquait un ballant qui avait tendance à faire bouger le bât dans les forts dénivelés. Ce sac semble plutôt robuste, bien équipé et avec de nombreux réglages. On verra dans le temps mais pour l’instant je suis plutôt satisfait. D’autant que Decathlon me l’a offert (merci beaucoup 😉). J’ai changé les deux t-shirt qui étaient complètement usés. Il faut dire que je les mets alternativement tous les jours depuis un an et que le lavage à la main est bien moins délicat que celui de la machine, surtout l’essorage. Ce sont les modèles Quechua NH-550 Fresh qui ont la particularité d’être très léger et de sécher très rapidement. En plus ils sont conçus à partir de matériaux recyclés ce qui correspond parfaitement à mon éthique. J’ai également changé les pantalons dont les fermetures commençaient à être capricieuses, mais surtout ils n’étaient plus à ma taille. J’ai choisi les pantalons modulables de trek en montagne, le modèle Trek 500. Ils ont aussi l’avantage d’être léger respirant et de sécher vite. La matière les rend facile à laver. J’ai changé aussi mon oreiller, celui que j’avais choisi à la base était un oreiller de camping premier prix, mais la valve n’a pas tenu le gonflage et dégonflage quotidien. Le nouveau semble bien plus résistant avec une valve adaptée. C’est l’oreiller de trekking gonflable MT500. Puis j’ai changé de matelas j’ai repris le même modèle que le précédent dont j’étais pleinement satisfait mais que j’ai percé par mégarde, c’est le matelas auto gonflant de trekking MT500. J’avais choisi ce modèle là avec le conseiller du magasin de Vichy, non pas parce qu’il était le plus léger mais parce qu’il offrait la meilleure isolation au sol, ce qui est important plus l’hiver que l’été, mais quand même, on n’est pas arrivé. Et pour Honoré j’ai repris une frontale anti-mouche, car les scratchs de l’actuel commencent à montrer des signes de fatigue, et un fourreau de licol pour éviter les frottements avec la frontale. J’ai également profité d’être à Décathlon pour reprendre une bouteille de gaz, les bouteilles bleues sont moins pratique surtout si on fait un peu d’altitude. Voilà pour la présentation du matériel merci à vous d’y avoir participé. Si vous avez des questions, ça pourra faire l’objet d’un nouveau post dédié au matériel.
Retour maintenant au voyage ! Coraline et Maxime m’ont offert un bon pain de campagne délicieux et une terrine de leur fabrication, à tomber par terre. Je pars assez tard de chez eux mais c’était une pause tellement agréable encore une fois. Je voyais encore leur maison quand la pluie a commencé à tomber. Tranquillement je mets les vêtements de pluie en me disant que ça n’allait pas durer. Mais c’est bien une série de petits orages qui ont ponctué cette première demi-journée de marche. Honoré est chiant, il n’aime pas l’orage et moi j’ai dû accélérer le pas. La prochaine pause d’une semaine sera chez Marion à qui j’ai vendu mes chèvres. J’ai hâte de la revoir et aussi les biquettes. Et puis j’ai tellement de projet en tête… Il faut que je me calme. Entre deux averses j’appelle la mairie de Gredisan pour trouver un bivouac. Le maire me rappelle dans l’après-midi, en arrivant il m’offre un café et me conduit dans un pré sur les hauteurs du village, avec vue sur le Mont Blanc. Plus tard il me rappelle et me propose de passer dans sa cave pour une petite dégustation. L’édile entretien des vignes avec lesquels il fait quelques vins en amateur averti, et qui sont plutôt agréables et d’une qualité bien suffisante pour un apéritif convivial. Bref encore un moment magique et très agréable offert par le chemin.
Ce matin c’est la pluie qui me réveille, les averses se succèdent et laissent finalement place à l’orage. Il fait lourd, le temps est très désagréable, gris, venteux, quelques gouttes… Le chemin de Compostelle par ici est plutôt bien balisé et me conduit vers le sanctuaire de Notre-Dame-de-Rolland, un bel édifice et probablement toute une vie monastère autour. L’endroit est aménagé pour le pique-nique, j’en profite pour faire la pause. Mais les nuages laissent place au soleil et très vite je cuis et dois me réfugier à l’ombre.
J’arrive en Côte-d’Or. L’après-midi est bien moins agréable avec la traversée d’autoroutes et de nationales, beaucoup de bitume donc et sous une chaleur orageuse écrasante. J’arrive à Saint-Seine-en-Bâche et monte le campement comme proposé par Madame la Maire. Mais soudain le ciel devient noir et le voisin, qui m’avait proposé de l’eau pour Honoré, m’invite à venir dormir chez lui. Enfin c’est plus un ordre qu’une invitation, le ciel lui fait peur et il ne veut pas que je reste dehors. Impossible pour moi de laisser Honoré seul, Tice (diminutif de Patrice) m’aide avec son ami Christian à déplacer le campement et Honoré dans son hangar. Une fois le premier orage passé, il m’invite à boire un petit rosé et me propose d’appeler son neveu pour demain, la météo ne sera pas meilleur et il tient un camping à Saint-Jean-de-Losne, à une dizaine de kilomètres d’ici, je pourrais y être en sécurité ainsi que mon compagnon aux grandes oreilles. C’est que je voulais avancer un peu moi ! Mais il a sûrement raison, la nuit porte conseil, je confirmerai au café demain matin.
La nuit à été mouvementée avec les orages, beaucoup de pluie, un peu de vent, quelques grêlons. Mais aucun dégât. La météo annonce pire, j’accepte la proposition de camping, inutile de prendre des risques. Moi qui voulait accélérer la marche parce que j’ai des projets plein la tête, je dois à nouveau me remettre en question et au contraire, ralentir ma progression. Soit !
Le camping est presque complet en ce week-end férié. Je suis accueilli en plein service par Ludo, le neveu de Tice et la serveuse prend le temps de m’offrir un verre d’eau. Gentille attention avec cette chaleur, ça me fait un bien fou. Merci au camping https://www.campinglesherlequins.fr pour l’accueil, j’ai pu traverser les orages en toute sécurité 😉Je monte le campement, profite qu’Honoré est en sécurité pour aller faire quelques courses afin de varier mes repas pendant cette pause imposée. Ensuite une bonne douche, avec ce temps je colle de partout, puis je fais ma lessive qui sèche super vite avec ce soleil de plomb. Honoré a accès à un parc où il y a de l’herbe haute, mais trop loin de moi, il appelle sans arrêt. Je le rapatrie à mes côtés, il brai encore. Je suis vigilant et barricades l’emplacement, sur celui voisin il y a un érable sycomore, toxique pour mon animal de compagnie. Je ramasse les plantules et prie pour que le vent n’en ramène pas cette nuit. Merci Sylvain, tu vois, je pense bien à toi quand j’installe le campement.
La pluie et les orages sont arrivés plus tard que prévu et ont été bien moins violents qu’annoncé. Tant mieux pour nous mais aussi pour les agriculteurs, jardiniers et tous ceux qui travaillent dehors toute l’année. Je sais que chez moi les dégâts ont été importants. C’est toujours triste de penser au travail souvent fastidieux notamment des vignerons et qu’en seulement une averse de grêle peux détruire tout ce travail. Je ne sais pas si les vignes ont été touchées mais je sais que Vichy à pris cher. Je vais profiter de cette journée de repos.
Doubs
Aujourd’hui la mission est de traverser Besançon. Au niveau du dénivelé ça va être tout plat, on commence par une portion de route où il y a peu de circulation, mais ça roule vite. Ensuite c’est la vélo route sur le chemin de halage, ça on a l’habitude, c’est pas notre première fois. En revanche c’est la première fois qu’on emprunte un long tunnel ! Sur environ 200 m, on passe sous la citadelle dans un tunnel un petit peu éclairé avec à droite le canal, et nous marchons sur la piste cyclable. Ça résonne, Honoré a les oreilles bien tendues, s’arrête quand on croise des vélos qui l’éblouissent avec leur lumière, mais ne se laisse pas impressionner. Ça passe tout seul, Honoré est vraiment un âne qui passe partout (enfin presque). Le reste de la traversée se déroule tranquillement, d’autant qu’on ne voit pas grand-chose de la ville en longeant le Doubs. Une dame s’arrête avec son vélo, elle a repéré ma coquille et l’année prochaine c’est la retraite. Elle hésite à partir sur Compostelle. Je la rassure en lui disant toute la bienveillance que le chemin peut apporter et les belles rencontres. Touchée par notre démarche, d’autant que son fils a lui aussi entrepris une itinérance et a lui aussi remarqué la bienveillance des hommes, elle tient à participer à notre cagnotte (Leetchi.com/c/tdfane) et me glisse un billet. Je suis très touché, j’en dépenserai une partie demain en m’offrant un éclair au chocolat sur lequel je mettrai la bougie de notre premier anniversaire de marche. L’après-midi se déroule bien sous la chaleur mais dans un magnifique paysage. Je cherche tôt un bivouac que je trouve en face chez Jean-Lou et Martine. Ils s’occupent de prévenir la propriétaire qui est OK et le couple m’invite à prendre une douche, l’apéro et dîner. Encore une belle surprise du chemin et une belle rencontre.
Voilà ça fait un an qu’on marche. Dès le départ j’ai compris que je devais lâcher prise sous peine de galères en perspective. J’ai compris que je devais laisser le chemin me guider. Moi qui aime bien tout organiser je dois laisser une place à l’improviste et profiter des surprises du chemin.
Ce matin, je me dépêche d’aller à la boulangerie chercher mon pain et mon éclair au chocolat d’anniversaire. Je laisse Honoré au pré, j’irai plus vite. À mon retour, Martine et Jean-Lou m’attendent pour le café avant de plier la tente et reprendre la route.
Le chemin reprend un peu de dénivelés, mais rien d’impressionnant. Heureusement je passe par une zone industrielle près de laquelle il y a des poubelles qui me permettent de vider la mienne. Ici les poubelles de déchets ménagers sont facturées au poids. Il n’y a donc pas de bennes collectives et les particuliers les gardent bien au chaud chez eux. Je fais la pause de midi près de centre culturel de Serre-les-Sapins et comme prévu, je fais le selfie d’anniversaire. Finalement c’est un moment de solitude et d’émotion, je ne m’attendais pas à ça… Honoré me propose même de faire un selfie en mode sieste, c’était amusant. Quelques minutes après la pause, nous sommes interpellés par une famille qui souhaite l’anniversaire groupé de plusieurs enfants. Alors on boit un coup avec eux et on fait une photo souvenir. Honoré à même son dessin d’anniversaire offert par Alice, Olivia et Émilia. Puis nous rattrapons le chemin de Compostelle que nous suivrons les semaines à venir. Une nouvelle fois, on bivouac près d’un lavoir. Le réseau est capricieux, le paysage vallonné y est pour beaucoup. Obligé de grimper en haut du village pour répondre à vos nombreux messages qui me font toujours autant plaisir.
Aujourd’hui le chemin est plus compliqué, des chemins mal repérés, certains même cultivés ou pâturés m’obligent à faire de nombreux détours. Ce soir je voulais bivouaquer sur un terrain communal mais il y a un arrêté municipal qui l’interdit pour privilégier le camping. Bon ça faisait longtemps, j’y vais. Les jeunes animateurs du camping sont touchés par ma démarche et préparent un article pour leur page Facebook Woka Marnay et leur site https://camping-vertlagon.com/ Une petite pause bien agréable dans un cadre calme et un environnement verdoyant.
Mais je dois repartir car c’est chez Coraline et Maxime que je dois faire ma pause hebdomadaire. Coraline a une jument et un âne qui tiendront compagnie à Honoré. Elle est aussi fan de Âne Victoires. Leur chaîne Youtube lui a beaucoup apporté pour savoir prendre soin d’Anatole, son petit âne de Provence. Coraline et Maxime sont étudiants et sont au petit soin pour moi. C’est Maxime qui m’emmène à Decathlon Besançon pour faire mon réapprovisionnement. Depuis un an je suis entièrement habillé par Decathlon et il est temps de renouveler les vêtements. Le matelas aussi a souffert et le sac à dos menace de me lâcher. J’ai reçu un superbe accueil dans ce Decathlonhttps://www.facebook.com/decathlon.besancon/ D’ailleurs dans un prochain post je ferai un récapitulatif du matériel avec mon avis d’utilisateur. Et franchement le matériel Decathlon, ça tient le coup. Merci à Coraline et Maxime pour leur accueil, leur générosité et leur gentillesse 🤗