Pause

Récit court pour donner des nouvelles. J’ai fais une pause de deux jours à Neuvy St Sépulchre parce que ça faisait longtemps et que j’avais rendez-vous pour la prise de sang et avec La Nouvelle République qui est venu faire un article sur nous. Lundi j’ai eu la visite de mon ami Jean-François. Merci pour le déjeuner, ta visite a été un superbe moment.


Je suis en panne avec le panneau solaire et la batterie. J’ai commandé et recevrai les nouveaux en poste restante lundi. D’ici là j’économise le téléphone pour les cartes. Je vais utiliser la cagnotte Cagnotte Leetchi pour la première fois. Merci à tous les contributeurs sur la Page des remerciements

En camping

La campagne berrichonne est agréable, boisée,  vallonnée, verdoyante. Nous sommes maintenant dans l’Indre, troisième département que nous traversons depuis le départ. Honoré me surprend à passer une passerelle pourtant inhabituelle. Il commence à comprendre mes attentes. Par ici, les maisons et les fermes sont assez distantes et je choisi de me rapprocher du camping de La Châtre car le lendemain matin je dois faire le point sur Lyme avec mon médecin en visioconsultation et j’ai besoin d’internet. Ici les zones blanches sont fréquentes. Nous sommes très bien accueillis au camping, bien que mis à l’écart près de la piscine. Le tarif est élevé pour un emplacement qui n’en est pas un, mais le camping est confortable. Et comme le chemin est toujours surprenant, en allant faire ma vaisselle, je tombe sur une connaissance. Le Troyen. Pour ceux qui pratiquent le géocaching, le personnage est connu et le trouver ici est une surprise. Quelle drôle de rencontre alors que je dois retrouver le lendemain Christophe et Cathy, eux aussi géocacheurs, et le surlendemain Jean-François…


Le lendemain, donc, il faut traverser La Châtre, c’est jour de marché, il y a du monde et de la circulation. On ne ramasse pas beaucoup de déchets en ville parce que parfois, Honoré fait un écart quand je mets les déchets dans le sac plastique, sûrement à cause du bruit. Je ne prends donc pas de risque quand il y a trop de voitures. Honoré se comporte comme un chef et la traversée se déroule sans accroc. On passe par Montgivray, charmant village dont la maire est très jolie. Le chemin est agréable autour d’un magnifique moulin. Cependant la passerelle suivante, Honoré ne la passera pas. On doit faire un détour de 4 km pour rejoindre Christophe et Cathy à Sarzay dans un accueil paysan. Quelle belle surprise ils me font de faire un détour pour nous saluer à l’occasion de leur retour de vacances. On passe une superbe soirée, comme toujours avec eux qui sont toujours souriants et positifs. Ça fait du bien d’avoir des amis comme eux. Du coup la séparation le lendemain est difficile. Ce chemin me secoue les tripes et l’émotion est forte.

Vignoble de Châteaumeillant

Probablement l’étape la plus courte de notre Tour de France puisqu’elle ne doit faire que 4 km. Enfin normalement parce qu’ici les paysans cultivent aussi les chemins. Je suis attendu chez mon cousin Gaetan. Rapidement en entrant dans Châteaumeillant nous sommes photographiés par les passants. Plus loin une riveraine me prend pour un sdf et me donne 10€. Merci madame…


Ça me fait plaisir de revoir la famille, et comme j’arrive tôt, Bérengère me propose à déjeuner en attendant que le cousin rentre du boulot. Les enfants ont grandis, je les reconnais à peine. À son arrivée, Gaëtan me fait visiter ses volières et les travaux faits avec tonton. Super boulot ! Un petit tour pour faire quelques courses, on dîne. Le temps passe trop vite.
Je dois repartir, même si j’aurais bien fait une pause ici.
La traversée de Châteaumeillant se déroule facilement. Je m’arrête à la boulangerie où je suis gentillement servi sur le pas de la porte (il n’y a pas de quoi attacher Honoré). C’est l’heure de la récréation à l’école maternelle. Je m’arrête  expliquer mon voyage mais la maîtresse n’accroche pas. Peut-être hésitante car seule avec les enfants. Je poursuis mon chemin.
Je trouve à Champillet de quoi passer la nuit. Un espace pour moi et un grand pré pour Honoré. C’est un particulier qui vient d’acheter l’endroit qui dispose d’un gîte et qui m’accueil gentillement.


Petit point sur les déchets :
On garde toujours le rythme d’environ 20 litres de déchets collectés par jour. Plus les bouteilles plastiques… 20 L également.

Réunion paysanne

Le lendemain d’orage, le temps est toujours menaçant, d’autres sont annoncés. Justine me propose de rester une journée à l’abri. Elle a dû sentir mon inquiétude à partir avec ce temps. J’accepte avec plaisir en finissant la traite des chèvres avec elle. Et quelle bonne idée ! Ce jour là, une rencontre ADDEAR avait lieu chez elle. Une belle journée qui m’a permis de revoir Claire, l’alimatrice mais aussi Sigfried (j’étais passé chez lui en partant de chez Sandrine et Cédric mais il était absent). Une magnifique journée riche de rencontres et d’échanges. Mais j’y reviendrais… Nous avons également tous participé à la campagne de la Confédération Paysanne contre la nouvelle PAC qui met les paysans à poil. Bientôt les photos. Merci Justine pour l’accueil et la journée incroyable.

Le lendemain la météo est plus clémente et nous reprenons la route. Nous continuons notre ramassage de déchets et découvrons une déchetterie sauvage. Là on ne peut rien faire, mais on voit que le nettoyage est en cours. Le chemin est agréable, depuis Saint Amand, le balisage de Compostelle est bien suivi, pas besoin de carte. Enfin sauf pour faire demi-tour quand Honoré ne veut pas franchir un gué à cause du courant.

Notre chemin nous conduit au Châtelet où nous sommes appelés par les élèves de l’école maternelle. On s’arrête et j’explique notre « mission ». Les maîtresses saisissent l’opportunité pour mettre en place une séance pédagogique sur la nécessité de notre action pour l’environnement et les incivilités qui conduisent à ces actions. Après cette pause, il est temps de commencer à chercher un lieu de bivouac et c’est au village de potier « Les Archers », que nous trouvons notre point de chute. Notre premier accueil pèlerins et du coup, premier tempon sur la crédentiale.

Il a plu la nuit, la tente est encore humide mais il faut repartir,  nous sommes attendus chez Tim, maraîcher bio rencontré chez Justine, qui a proposé de nous accueillir. Encore une rencontre comme seul le chemin nous en réserve. Riche en échanges, d’expériences et d’anecdotes. Merci Céline et Tim, ainsi que leurs enfants, pour cette soirée très agréable.

Première étape urbaine

Alors que nous arrivons sur Saint Amand, Christiane et Armand sont venus nous saluer au lavoir du petit Marçais. Renconte trop brève d’amis qui me soutiennent depuis la première heure. Puis nous arrivons chez Marie-France et Christian, eux aussi soutiens depuis la naissance du projet. Nous arrivons tôt et déjeunons ensemble avant de monter la tente encore humide. La journée passe trop vite. Honoré dispose d’une grande pâture riche en herbe et en abris naturels pour se protéger des pluies. Avant de repartir Gwen, Flore et Élisabeth viennent nous saluer. Ça fait toujours chaud au cœur de recevoir un tel accueil et ça ne facilite pas le départ. Merci pour ces beaux moments. Mais l’étape sera courte, 7 km. Cependant c’est une étape de ville, on n’a jamais fait. On commence doucement le long du canal avant d’approcher du collège où l’animation urbaine commence. Tout se passe bien. Honoré montre quelques signes d’inquiétude au rond point de la route de Montluçon, embouteillé par la sortie du collège et la circulation de poids lourds. Mais tout se déroule assez bien.
Une petite pause pique nique au pieds du château de Montrond, puis nous retournons dans le brouhaha de la ville et la traversée du Cher. Le pont impressionne mon compagnon à grandes oreilles, mais ça passe. Trop tôt pour arriver sur notre bivouac, on passe faire un coucou à Alain avant de faire une pause dans le parc de la Loubière à Orval. Là nous sommes rejoins par Alexandra de  L’Écho Du Berry qui vient faire un reportage sur notre voyage. Je passe un peu de temps avec ma mère avant de reprendre la route, l’arrivée est proche. Nous sommes attendus par les parents de Stéphanie   et un amie qui nous accompagnent vers notre bivouac grand confort. Merci pour cet accueil rafraîchissant. Stéphanie nous rejoint et nous dînons ensemble. Mais je suis inquiet pour l’étape demain qui commence par la traversée de l’autoroute A71. Stéphanie qui a pratiqué longtemps l’équitation, propose de marcher avec nous le temps de passer cette épreuve. Je suis rassuré. Finalement tout c’est super bien passé. Nos chemins se séparent quelques kilomètres plus loin. Encore un aurevoir difficile. Merci pour ta patience.
Il fait chaud, les orages menacent. Je décide de m’arrêter de bonne heure afin de nous mettre à l’abri car la grêle est annoncée. Mais aucune réponse sur le chemin. Je poursuis jusqu’à un gué près d’un moulin. La cascade effraie cadichon qui fait demi-tour. Je ne peux pas lutter.
Nous sommes donc contraints à revenir sur Loye-sur-Arnon. Je rencontre enfin quelqu’un qui me dit de me rendre au magasin des 13 blés tenu notamment par Justine, éleveuse de chèvres dans le village. Je suis passé devant chez elle mais il n’y avait personne. À la boutique je rencontre Élois qui l’appelle. Elle m’attend. Ouf ! Mais l’orage monte, la pluie… Honoré ne comprend pas pourquoi je presse le pas. On arrive avant le déluge après 26 km sous la chaleur moite de l’orage.